PS : après le départ de Vallaud, les divisions persistent en Occitanie
PS : après Vallaud, les divisions persistent en Occitanie

Le départ avec fracas de Boris Vallaud de la direction du parti socialiste suscite débats et inquiétudes jusque dans la région Occitanie, où des cadres et certaines des principales personnalités du PS restent divisés. Réactions.

Un nouveau front de discorde

Dénonçant la mauvaise gouvernance du PS en visant principalement le premier secrétaire Olivier Faure, le patron des députés socialistes Boris Vallaud a quitté sa direction, en compagnie des 24 membres de son courant qui y siégeaient. Ouvrant de fait un nouveau front de discorde qui se cristallise notamment autour de la question d’une éventuelle primaire amenée à désigner un candidat de gauche à l’élection présidentielle de 2027. Un sujet qui divise aussi les cadres du parti en Occitanie.

"Le projet d’abord"

Ainsi Armand Rivière, maire de Pézenas et soutien de Boris Vallaud, dit avoir "compris sa décision de quitter la direction comme un signal d’alerte : le PS ne doit pas en être en sommeil à un an de la présidentielle". Et d’insister sur "le projet d’abord. C’est en cours. Ensuite, le mode de désignation. Lequel ? Même si la primaire n’est pas définitivement enterrée, encore faut-il obtenir l’accord de tous les candidats pour qu’elle se tienne. Or, ce n’est pas le cas aujourd’hui…"

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Le débat est ainsi posé, sous la forme d’une triple interrogation. Quel leader ? Comment le désigner ? Et pour défendre quel projet ? Et cette dernière question devrait être la plus urgente à traiter estiment les socialistes d’Occitanie que nous avons sondés, pour le coup unanimes.

Une primaire morte et enterrée ?

L’eurodéputée gardoise Chloé Ridel, chargée par la direction nationale et Olivier Faure (elle est membre de sa majorité) de rédiger le projet socialiste pour 2027, avoue même y consacrer l’essentiel de son temps : "Je travaille sur les idées, c’est ma mission. Le départ de Boris Vallaud ? La situation me désole et je n’ai pas grand-chose de plus à en dire. Et je reste favorable à une grande primaire de la gauche. De Ruffin à Glucksmann. Ce que l’on a toujours dit. Et Boris Vallaud aussi…"

Mais les réactions les plus agacées viennent du camp des opposants historiques à Olivier Faure, ceux qui soutenaient Nicolas-Mayer Rossignol lors du congrès de Nancy, et qui restent les socialistes les plus largement représentées en Occitanie.

Un quatuor pour faire émerger un candidat ?

À l’image du sénateur de l’Hérault Hussein Bourgi : "Que ce départ de Boris Vallaud survienne maintenant, tant mieux, mais c’est un peu dommage. Car si Olivier Faure l’a emporté au congrès c’est grâce à son soutien", déplorait-il. Avant de tirer cette conclusion : "Une chose est acquise : la petite primaire organisée avec les groupuscules avec lesquels on discute n’a désormais aucune chance d’aboutir." Pour Hussein Bourgi, une solution : "Hollande, Cazeneuve, Glucksmann, et Jadot doivent discuter pour qu’une candidature unique des sociaux-démocrates réformistes et écologistes émerge. Ils ont l’expérience, la crédibilité, et cochent toutes les cases sur les sujets économiques, sociaux, écologiques et internationaux. On pourrait créer une fédération de leurs partis et mouvements, une maison commune pour travailler le projet que l’on proposerait au pays."

"Olivier Faure n’est plus majoritaire"

Quant à Christian Assaf, membre du bureau national et qui préside le groupe PS à la Région Occitanie, il constate : "Les équilibres nés du dernier congrès ne sont plus établis, Olivier Faure n’est plus majoritaire, il faut réunir très vite un bureau ou un conseil national." Et lui aussi plante le dernier clou dans le cercueil "de la primaire dite de Bayeux, de Ruffin à Glucksmann, où on nous a engagés sans consulter les militants". Tout en se projetant : "L’urgence, c’est de se mettre d’accord sur une plateforme programmatique, stabiliser le travail entamé par Chloé Ridel. Ensuite, les sondages, la capacité à réunir des financements et de signatures, entre autres critères, peuvent permettre que se dégage un candidat naturel d’ici janvier 2027."

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