À moins d'un an de l'élection présidentielle de 2027, la droite française s'active en coulisses. Selon des informations recueillies auprès de proches des deux camps, Édouard Philippe, l'ancien Premier ministre, espère court-circuiter la candidature de Bruno Retailleau, le président du groupe Les Républicains au Sénat. Ce dernier est donné favori pour remporter la primaire de la droite, prévue à l'automne 2026.
Une stratégie de rassemblement
Édouard Philippe, qui n'a pas encore officialisé sa candidature, mise sur une approche de rassemblement. Il souhaite incarner une droite modérée et ouverte au centre, capable de séduire au-delà de l'électorat traditionnel des Républicains. Selon un conseiller, il estime que Retailleau, plus ancré à droite, ne pourra pas rassembler assez largement pour l'emporter au second tour face à un candidat du Rassemblement national ou de La France insoumise.
Les atouts de Philippe
Ancien maire du Havre et Premier ministre d'Emmanuel Macron de 2017 à 2020, Édouard Philippe bénéficie d'une notoriété nationale et d'une image de gestionnaire compétent. Il a également su conserver des liens avec plusieurs figures de la droite modérée, tout en prenant ses distances avec le macronisme. Son entourage souligne qu'il est le seul à pouvoir incarner une alternative crédible face aux extrêmes.
Les obstacles sur sa route
Bruno Retailleau, de son côté, ne compte pas se laisser déborder. Il a déjà verrouillé le soutien de nombreux cadres des Républicains et des fédérations locales. Sa ligne, plus dure sur l'immigration et la sécurité, séduit une partie de l'électorat de droite. Une primaire s'annonce donc serrée. Philippe devra également faire face à la concurrence d'autres candidats potentiels, comme Laurent Wauquiez ou Valérie Pécresse.
En parallèle, les sondages donnent Retailleau en tête des intentions de vote pour la primaire, mais Philippe talonne. Un récent sondage Ifop le crédite de 28 % des intentions de vote chez les sympathisants de droite, contre 32 % pour Retailleau. La marge est étroite, et tout peut encore basculer.
La décision finale d'Édouard Philippe pourrait être annoncée dans les prochaines semaines. Il attendrait notamment de voir l'évolution de la situation politique, notamment les résultats des élections législatives partielles et la dynamique du gouvernement en place. Une chose est sûre : la bataille pour l'investiture de la droite promet d'être l'un des temps forts de la campagne présidentielle.



