Présidentielle 2027 : un paysage politique fragmenté et le RN en position de force
Présidentielle 2027 : fragmentation politique et RN en force

Un an avant la présidentielle : un paysage politique éclaté et le RN en position dominante

À douze mois de l'élection présidentielle, la scène politique française se caractérise par une multiplication des candidatures et une forte poussée du Rassemblement national dans les sondages. Les divisions à gauche, les bousculades au centre et à droite, ainsi que les sondages très favorables à l'extrême droite dessinent un paysage politique fragmenté, dont l'éclatement en blocs s'est encore accentué depuis 2024.

Donné à plus de 30% au premier tour dans tous les sondages, le Rassemblement national, qu'il soit représenté par Marine Le Pen ou Jordan Bardella, semble avoir la garantie de figurer dans le duel final, comme en 2017 et 2022. La décision de la cour d'appel de Paris le 7 juillet déterminera qui, de la cheffe du groupe lepéniste ou du président du parti, se lancera dans l'aventure.

La bataille pour la deuxième place et le « vote utile »

Les autres acteurs politiques – quasi uniquement des hommes – bataillent pour obtenir la deuxième place avec la préoccupation affichée d'être celui qui ne laissera pas l'extrême droite prendre le pouvoir en France. Sur la ligne de départ, une foule de prétendants rêve de réunir sur leur nom le « vote utile » d'électeurs soucieux d'éviter la victoire du RN.

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C'est pourquoi l'opportunité de passer par des primaires occupe les esprits dans la gauche non mélenchoniste, à droite, voire du centre à la droite. Sur cette question-là aussi, la bataille fait rage.

Les candidatures annoncées et les divisions

Plusieurs candidatures sont connues et annoncées. Le tribun Insoumis Jean-Luc Mélenchon prévoit de se lancer pour la quatrième fois, bien décidé cette fois à figurer au second tour. Il a déjà installé dans les esprits, lors des municipales, le duel dont il rêve contre le RN.

À gauche également, la leader écologiste Marine Tondelier et les ex-Insoumis François Ruffin et Clémentine Autain sont candidats dans le cadre d'une primaire aux contours flous et à la concrétisation incertaine. Le PS, divisé, n'a pas encore décidé s'il y participerait. Sans attendre et opposé à ce processus, le député socialiste Jérôme Guedj s'est déjà déclaré.

Également sur la ligne de départ, Nathalie Artaud portera une nouvelle fois les couleurs de Lutte Ouvrière. Et Fabien Roussel se prépare à faire de même pour les communistes.

Les prétendants de droite et du centre

À droite, au moins trois prétendants ont annoncé leur intention de se présenter : le candidat malheureux aux dernières primaires Xavier Bertrand, le maire de Cannes David Lisnard, qui vient de claquer la porte de LR, et le patron du parti, Bruno Retailleau.

Les trois sont opposés sur une potentielle primaire : le premier n'en veut pas, le deuxième en veut une comprenant le centre-droit et l'extrême droite de Reconquête, le dernier une réservée à LR.

Plus au centre, Édouard Philippe (Horizons), déclaré depuis des mois, a récemment accentué son avantage grâce à des sondages porteurs le donnant gagnant contre le RN au second tour. Refusant toute forme de primaire, il s'apprête à batailler avec d'autres héritiers du macronisme.

Les candidats attendus et les outsiders potentiels

Au premier rang desquels Gabriel Attal. Fâché avec l'actuel président, sur une ligne proche de celle du maire du Havre, il ne cache pas ses intentions. À la tête du parti Renaissance et du groupe parlementaire, il prévoit de publier un livre le 23 avril, entre biographie et programme, et de tenir un grand meeting à Paris le 30 mai.

Dans son camp, où le nom de Gérald Darmanin est également évoqué, les prétendants semblent disposés à se rassembler derrière le mieux placé. Mais pas avant fin 2026-début 2027.

Plus à gauche, le Parti socialiste est en pleine crise existentielle. Alors que Raphaël Glucksmann, dirigeant de la petite formation Place publique, est en tête des personnalités de gauche (hors Jean-Luc Mélenchon) dans les sondages, se mettre dans sa roue est délicat pour Olivier Faure.

À la tête d'un parti en panne d'incarnation, il est contesté en interne par le chef des députés Boris Vallaud, qui n'exclut pas d'y aller.

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Issu de la droite mais sur un positionnement ni droite-ni gauche, l'ex-Premier ministre Dominique de Villepin prépare activement sa candidature. De même à l'extrême droite qu'Éric Zemmour, qui avait récolté 7% des voix en 2022.

La place des outsiders dans un paysage morcelé

Y a-t-il encore la place pour un outsider ? Au vu du morcellement des intentions de vote, sans doute. Mais peu de personnalités se dégagent réellement à un an de l'échéance.

Que décidera l'ancien président François Hollande ? Plus à droite sur l'échiquier, les noms de l'ancien commissaire européen Thierry Breton ou de l'ex-Premier ministre Jean Castex sont régulièrement cités. Celui de l'entrepreneur Michel-Édouard Leclerc également.