L’examen de la partie recettes du budget 2026 mobilise, depuis ce vendredi 24 octobre, les députés à l’Assemblée nationale. Même après l’épisode sur la non-censure du gouvernement Lecornu par le Parti socialiste, la stabilité politique reste fragile. De quoi perturber la campagne des municipales à Nîmes ?
Une gauche unie malgré les divergences
Le choix de ne pas censurer le gouvernement Lecornu par le groupe socialiste à l’Assemblée nationale a secoué la gauche. Jusque dans les rangs de Nîmes en commun ? L’élu municipal et future tête de liste, Vincent Bouget (parti communiste), ne le pense pas : « On sait qu’on a des différences entre les communistes, écologistes, socialistes mais on les assume. Certains voulaient une censure, les socialistes la suspension de la réforme des retraites. Il y aura un débat budgétaire où il faudra trouver une majorité sur des sujets importants. » Il parle d’union, encourage tous les députés de gauche, Insoumis compris, à y prendre part et ne s’enthousiasme pas pour une dissolution qui entraînerait « des élections qui auraient un coût supplémentaire pour nous ».
Les socialistes gardois optimistes
Pierre Jaumain, secrétaire fédéral du Parti socialiste dans le Gard, voit dans ce débat budgétaire qui s’ouvre une chance « car ça va nous permettre de continuer à exercer notre vigilance, tout en étant dans un état d’esprit constructif, au bénéfice de nos concitoyens. Nous devons décrocher de nouvelles mesures de justice fiscale et de soutien au pouvoir d’achat et d’investissement pour l’avenir de notre pays. À Nîmes, quelques personnes nous ont encouragés à continuer dans notre stratégie. »
Des tensions entre Insoumis et socialistes
Cette semaine, Les Insoumis ont sollicité par courrier les communistes et écologistes nîmois afin que chacun puisse se positionner sur le budget, la situation politique nationale, écartant de fait les socialistes. Les communistes se réuniront lundi pour savoir s’ils rencontreront les Insoumis. « Les Insoumis veulent perturber notre union à gauche pour les municipales », indique un militant averti. Le PS local appréciera…
À droite, l’incompréhension gagne
Sur le terrain, à gauche et à droite, l’incompréhension gagne les rangs des militants. « Moi-même, je suis un peu perdu », confie Richard Tibérino, président du parti Les Républicains dans le Gard. La guerre chez les LR, entre le président Bruno Retailleau et le chef de file des députés Laurent Wauquiez, rappelle à l’élu local, qui soutient le second nommé, « celle entre Balladur et Chirac de 1994 et 1995 mais ça n’avait pas eu d’influence sur les municipales ». Ces élections avaient été remportées par la gauche, davantage la conséquence de la dispersion des voix du centre et de la droite avec les candidatures Bousquet et Lapierre.
Le sénateur LR craint une dissolution
Pour le sénateur LR Laurent Burgoa, qui a assisté au bureau politique national du parti mercredi soir, « il ne faudrait pas qu’il y ait une dissolution de l’Assemblée nationale qui entraînerait des élections en janvier et le report des municipales en juin. L’instabilité politique nationale touche surtout les grandes villes, moins la ruralité. On reste pour les municipales sur des sujets très locaux. Mais on sent que cette situation pèse chez les élus locaux et les chefs d’entreprise qui ont besoin de stabilité. »
Le candidat LR Franck Proust écoute les inquiétudes
Sur cette actualité brûlante, Franck Proust, candidat Les Républicains aux municipales, premier adjoint au maire et président de l’Agglo, a écouté les Nîmois croisés « sur un vide-grenier, au match de football, aux Halles. De partout, on me dit : M. Proust, voilà les marges de progression, ce qu’il faudrait faire. Je suis davantage dans mon mandat de Premier adjoint à essayer de concrétiser des projets car, quand ils sont retardés, ce sont des entreprises qui ne travaillent pas, des emplois perdus, de la richesse en moins sur le territoire. Les Nîmois me parlent plus aujourd’hui du flou, de ce qui se passe sur le plan national que de la campagne des Municipales. Ils sont beaucoup plus inquiets du national que du local. »
Tous les élus interrogés considèrent que les élections de mars prochain semblent bien loin encore, l’actualité nationale et le futur budget écrasant tout sur leur passage.



