Génération Z : premiers votes, abstention et rejet de l'extrême droite
Génération Z : premiers votes, abstention et rejet de l'extrême droite

Élections Présidentielle 2027 : « Le PS ? C’est quoi ? » La génération Z face à sa première élection

À Lille, les étudiants rencontrés souhaitent tous voter, mais pour qui ? Quelles tendances se dégagent chez ces jeunes qui n’ont connu que le macronisme ?

Par Axelle Debaene, envoyée spéciale à Lille (Nord). Le 9 mai 2026 à 08h30.

Lille (Nord), le 29 avril 2026. Floriane, Zao et Emma, étudiants en première année de master à l'université Pont-de-Bois. « Les études, ça politise », assure le jeune homme. LP/Franck Crusiaux.

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Traditionnellement, les jeunes boudent les élections. C’est la catégorie d’électeurs la plus difficile à mobiliser et, quand elle le fait, c’est en général davantage pour la gauche. Au premier tour de l’élection présidentielle de 2022, 34 % des 18-24 ans avaient voté pour Jean-Luc Mélenchon, contre 17 % pour Marine Le Pen et 25 % pour le président sortant, selon un sondage Elabe. L’abstention reste le premier parti de la jeunesse, 42 % des jeunes s’étaient abstenus en 2022.

À Lille (Nord), troisième ville comptant le plus d’étudiants en France et bastion socialiste depuis près de 70 ans, les futurs primo votants rencontrés, entre 18 et 22 ans, souhaitent massivement se mobiliser pour barrer la route à l’extrême droite en 2027.

« Le PS ? C’est quoi ? » s’interroge Emma, 20 ans, en licence de sociologie. Comme beaucoup de ses camarades, elle ne connaît pas bien les partis traditionnels. « Je sais que c’est un parti de gauche, mais je ne sais pas ce qu’il propose aujourd’hui. » Cette méconnaissance est partagée par Zao, 21 ans, en master de droit : « Le PS, c’est un peu flou. On entend parler de Mélenchon, de Le Pen, mais le PS… »

Pourtant, l’envie de voter est forte. « Je veux absolument voter pour empêcher l’extrême droite de gagner », déclare Floriane, 19 ans, en première année de sciences politiques. « C’est la première fois que je peux voter, et je ne veux pas que mon vote serve à rien. »

Cette mobilisation contre l’extrême droite semble être le principal moteur. « Je voterai pour le candidat qui a le plus de chances de battre Le Pen », explique Thomas, 22 ans, en école de commerce. « Peu importe son programme, l’essentiel est de faire barrage. »

Les jeunes rencontrés sont également très sensibles aux questions environnementales et sociales. « Je regarde les programmes sur le climat, la justice sociale », dit Emma. « Mais c’est dur de s’y retrouver. Il y a tellement d’infos, et les réseaux sociaux sont pollués par des fake news. »

L’abstention reste une tentation pour certains. « Je ne sais pas pour qui voter, tous les candidats me déçoivent », confie Lucas, 18 ans, en terminale. « Peut-être que je vais m’abstenir, ou voter blanc. » Mais il se ravise : « Non, je dois voter, c’est un devoir. »

À Lille, ville historiquement à gauche, les jeunes semblent prêts à s’engager. « Le PS doit se réinventer pour parler aux jeunes », estime Zao. « Sinon, ils vont disparaître. »

En 2027, la génération Z fera ses premiers pas dans les urnes. Entre rejet de l’extrême droite, méconnaissance des partis traditionnels et attentes fortes sur le climat et la justice sociale, leur vote pourrait bien être décisif.

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