Le nom de Pascal Destruhaut est revenu plusieurs fois dans l'actualité politique hendayaise ces dernières semaines. Il a encore été mentionné lors du récent Conseil municipal du 16 avril. Le principal groupe d'opposition, Hendaia Biltzen, s'était interrogé pendant la séance sur sa fonction exacte et sur son placement symbolique à la gauche du maire. Un mois après le second tour des municipales, qui a acté son élection au sein de la majorité, l'intéressé détaille les raisons qui l'ont amené à accepter une alliance avec son ancien opposant et à ne pas occuper de poste d'adjoint.
Un rapprochement progressif
Interrogé sur la manière dont s'est passé le rapprochement avec Kotte Ecenarro en amont de la campagne, Pascal Destruhaut explique : « À l'approche du scrutin, je savais que j'étais légitime pour être de nouveau tête de liste, mais je ne souhaitais pas repartir à ce poste. J'ai cherché quelqu'un dans le groupe pour prendre ma suite, mais les membres qui ont entre 30 et 40 ans ont des priorités professionnelles ou familiales, ce que je respecte, et personne n'a voulu y aller. Alors que j'étais en phase de réflexion, Kotte m'a approché, en mai 2025, en me disant : « Je trouve que la façon dont toi et ton groupe travaillez fait qu'il n'y a pas beaucoup de différences entre nous ». J'étais dans un esprit ouvert et j'ai d'ailleurs toujours pensé que l'union fait la force. »
Il ajoute : « J'en ai parlé au groupe. Tout le monde a compris la démarche et on a finalisé l'accord six mois après. J'ai dit à Kotte : « Tu vas faire ton dernier mandat (il a 76 ans et en aura 83 en 2033, NDLR). Moi, j'ai des jeunes qui ont envie d'apprendre, de travailler pour Hendaye et de profiter de ton expérience ». C'était du « 1 + 1 = 3 ». »
Une répartition des postes qui interroge
Malgré tout, la répartition actuelle des postes d'adjoints est déséquilibrée : sept pour l'équipe de Kotte Ecenarro et deux pour celle de Destruhaut. Ce dernier explique : « J'ai négocié trois postes d'adjoints, puis finalement deux, Patricia Hannibal et Peio Pouyfaucon, car j'ai considéré que la troisième personne, Lorea Marcone, serait plus utile comme déléguée que comme adjointe. Kotte a aussi insisté jusqu'au bout pour que je sois adjoint, mais j'ai refusé. »
Pourquoi ce refus ? « Il y a une dynamique d'ensemble et des raisons personnelles. Mais aussi le fait que quand on est adjoint, on a le nez dans le guidon. Je préfère prendre de la hauteur plutôt que d'être « enfermé » dans une case. »
Un rôle qui lui convient
Son rôle de délégué à la coordination des politiques publiques et à la proximité citoyenne lui convient totalement : « On s'est rendu compte pendant la campagne qu'il y avait un manque de communication entre la mairie et les Hendayais. Ce que je veux aujourd'hui, c'est travailler pour la ville. C'est un rôle très intéressant. »
Pas de regret, donc ? « On ne va pas se mentir : si je m'étais présenté seul aux élections, la probabilité de gagner aurait été énorme. Mais est-ce que j'avais envie d'être maire ? C'est un investissement de temps énorme. J'ai une activité professionnelle, d'autres centres d'intérêt… J'avais l'impression de me mettre dans une prison. Ce n'est pas ce que je voulais. Je n'ai pas d'ego et je considère que l'intérêt d'Hendaye passe avant le mien. »
Il précise : « Aujourd'hui, la question, c'est de savoir qui est la meilleure personne pour occuper le poste de maire alors que la piscine est terminée, le centre-ville est fait, les dossiers structurants et toutes les OAP sont lancés. Si je me retrouve maire, je fais quoi pendant six ans ? Sachant que je ne voulais pas l'être et que personne dans mon équipe ne le voulait, c'était la meilleure solution d'avoir l'expérience de quelqu'un qui est au Conseil depuis cinquante ans, qui connaît tous les rouages, pour travailler ensemble dans un mandat de transition. »
Une alliance surprenante mais assumée
Comprend-il que cette alliance ait pu surprendre ? « Tout à fait. Mais la tâche dans une équipe minoritaire est très frustrante : on critique, mais l'équipe majoritaire vote et c'est perdu. En étant dans la majorité, c'est différent : on co-construit donc on pèse bien plus. Aujourd'hui, on peut se compléter, garder de l'énergie, pas pour batailler en conseil municipal, mais pour travailler sur les dossiers. Le but, dans six ou sept ans, ce n'est pas de revenir chacun de son côté. Kotte voulait laisser la ville entre de bonnes mains quand il partira. Il nous avait identifiés. »
Une autre chose qui n'a pas été comprise est son positionnement à gauche de Kotte Ecenarro durant les conseils municipaux. Il répond : « Bien sûr et c'est d'ailleurs la seule chose pour laquelle je n'ai pas dit « Non » à Kotte qui voulait que je sois à sa gauche, ce qui permet de donner de l'importance au poste que j'occupe. Mais pour moi, travailler pour Hendaye est la seule chose qui compte. Recevoir un « Merci » des gens à qui on a rendu service, ça vaut bien plus que d'être assis à côté du maire. »
L'après-Kotte Ecenarro
L'après-Kotte Ecenarro a-t-il déjà été abordé ? « Aujourd'hui, les gens me disent : « C'est toi qui seras maire en 2033, Kotte t'a mis numéro 2 pour ça ». À moi en tout cas, il n'en a pas parlé. Il ne faut jamais dire « jamais », mais il y a plein de gens compétents dans la liste qui pourront reprendre la suite. Moi, je n'y pense pas, sinon je serais parti tête de liste cette année. Je suis un homme de terrain, pas de bureau. »



