Campagne électorale à Bordeaux : les candidats en sprint final avant le premier tour
Bordeaux : les candidats en sprint final avant le premier tour

Le sprint final de la campagne électorale bordelaise

À quelques heures de la clôture officielle de la campagne pour le premier tour des élections municipales, prévue ce vendredi 13 mars à minuit, les candidats bordelais sont entrés dans une phase ultime d'intense activité. Dans cette dernière ligne droite, Pierre Hurmic, Thomas Cazenave et Philippe Dessertine multiplient les promesses, les actions de terrain et les meetings simultanés pour tenter de marquer des points décisifs auprès des électeurs.

Une course contre la montre pour convaincre

Le vote de dimanche 15 mars est-il déjà fixé dans l'esprit des électeurs ? La question reste ouverte. Alexandra Siarri, colistière et directrice de campagne de Thomas Cazenave, observe des comportements variés : « Certains nous disent qu'ils y ont réfléchi depuis longtemps, d'autres qu'ils ont attendu les professions de foi pour s'y intéresser. » Face à cette incertitude, les candidats et leurs équipes partent du principe qu'il ne faut surtout pas relâcher la pression.

« Une campagne électorale se joue jusqu'à la dernière minute », affirme Pierre Hurmic, tandis qu'Alexandra Siarri précise : « Jusqu'à la dernière seconde. » Le maire écologiste sortant insiste : « Il faut aller chercher les voix une à une. » Cette philosophie se traduit par des agendas surchargés où chaque minute compte.

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Des agendas de campagne surchargés

Les emplois du temps des candidats ne désemplissent pas à l'approche du scrutin. Tous multiplient les actions de terrain, les conférences et les communiqués de presse pour démontrer la supériorité de leur programme.

  • Thomas Cazenave a annoncé une grande action quotidienne depuis le 6 mars.
  • Pierre Hurmic enchaîne plusieurs rendez-vous par jour, avec jusqu'à cinq événements prévus ce jeudi 12 mars, allant d'un tractage au petit matin à un apéritif du soir servant d'ultime meeting.
  • Philippe Dessertine a programmé huit meetings de campagne dès le début du mois, dont un ce jeudi soir, et cinq autres entre les deux tours.

L'équipe de Nordine Raymond, candidat de La France insoumise que les sondages annoncent qualifié au second tour, observe avec recul le triple rendez-vous de ce jeudi : « La campagne arrive au bout, les autres décident de faire de grands meetings. Nous, on est sur le terrain, à faire plusieurs actions par jour, on mène une vraie campagne de terrain jusqu'au dernier jour. »

L'occupation du terrain comme stratégie

Occuper le terrain constitue à la fois une méthode et un argument de campagne revendiqué par tous les candidats. Alexandra Siarri détaille l'approche de Thomas Cazenave : 16 réunions de quartier, 4 000 personnes rencontrées, et un candidat « qui a couvert personnellement, physiquement, les trois quarts de la ville en porte à porte. Dès le surlendemain de l'élection de 2020, il était sur le terrain. Nous faisons une campagne de grande proximité. »

De son côté, Pierre Hurmic rétorque : « Nous avons mené une campagne particulièrement intense sur le terrain », tandis que Nordine Raymond annonce 130 000 tracts distribués et 17 000 portes sonnées.

L'attention aux détails et l'adaptation permanente

« Il ne faut pas céder à la fébrilité », prévient Pierre Hurmic, tout en soulignant l'importance de se montrer attentif à tous les sujets. Le candidat écologiste a ainsi abordé successivement les quartiers populaires mardi 10 mars, le pouvoir d'achat mercredi 11 mars et le sport pour tous ce jeudi 12 mars, démontrant sa volonté de balayer l'ensemble des thématiques.

Face aux accusations de donner un coup de volant à gauche pour ne pas laisser d'espace à La France insoumise, Hurmic se défend : « Notre programme est calé depuis trois semaines, ces thèmes sont dans notre programme depuis le début. »

Les équipes de campagne doivent cependant savoir réagir aux aléas, à la manière d'un « marquage au short » sur un terrain de football. Chaque jour, elles ajustent et affinent leurs stratégies en fonction de l'actualité et des retours de terrain. « On ne s'adapte pas aux adversaires mais aux besoins exprimés par les gens qui nous sollicitent », précise Alexandra Siarri.

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Les ultimes coups de pression

La fin de campagne n'échappe pas aux coups de pression. Thomas Cazenave a ainsi exercé un « droit de réponse » agacé face à un tract distribué par l'équipe Hurmic qui pointait « le manque de réaction et de contrôle face au scandale des laits infantiles contaminés ». Pierre Hurmic réagit avec sérénité : « Nous nous sommes croisés aujourd'hui et il ne m'en a pas parlé. »

Dans un registre différent, l'ancien maire Hugues Martin a diffusé une lettre ouverte reprochant à Philippe Dessertine de ne pas jouer l'union pour faire perdre Pierre Hurmic. Ces manœuvres font partie de la bonne guerre électorale, où chaque candidat tente des « coups » pour déstabiliser ses adversaires et séduire les électeurs indécis.

Malgré ces tensions de dernière minute, la campagne bordelaise s'est globalement bien tenue, ce qui constitue un point positif pour l'ensemble des candidats à l'approche du verdict des urnes.