Le BNP revendique une large victoire aux élections législatives au Bangladesh
BNP revendique large victoire aux législatives bangladaises

Un scrutin historique au Bangladesh

Un vendeur présente des journaux dont les premières pages sont consacrées aux élections générales au Bangladesh à Dacca, ce 13 février 2026. Le Parti nationaliste du Bangladesh (BNP), dirigé par Tarique Rahman, a officiellement revendiqué, vendredi 13 février, une victoire massive aux premières élections législatives organisées depuis l'insurrection ayant provoqué la chute du régime autoritaire de Sheikh Hasina durant l'été 2024.

Une victoire annoncée

« La victoire était attendue », s'est réjoui auprès de l'Agence France-Presse un haut responsable du parti, Salahuddin Ahmed. « Il n'est pas surprenant que le peuple du Bangladesh ait placé sa confiance dans un parti pro-Bangladesh, capable de réaliser les rêves exprimés par notre jeunesse pendant les émeutes », a-t-il ajouté avec conviction.

Selon les projections diffusées par les télévisions locales vendredi à 7h30 (2h30 heure de Paris), le BNP obtiendrait 212 des 300 sièges de la chambre unique du Parlement, constituant ainsi une majorité très confortable. Son principal adversaire, la coalition menée par les islamistes du Jamaat-e-Islami, ne récolterait que 70 sièges selon ces mêmes estimations. Cette coalition n'a pour l'instant formulé aucun commentaire officiel.

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Les réactions internationales

Dans un message publié sur les réseaux sociaux par leur ambassade à Dacca, les États-Unis ont chaleureusement félicité le BNP et Tarique Rahman pour leur « victoire historique ». Ils se sont déclarés enthousiastes à l'idée de collaborer avec eux « à la réalisation de leurs objectifs de prospérité et de sécurité ». Le dépouillement des bulletins de vote se poursuivait activement vendredi matin, et la commission électorale n'avait encore annoncé aucun résultat officiel définitif.

Tarique Rahman, futur premier ministre

« Nous allons nous joindre à l'effort de reconstruction du pays que va engager Tarique Rahman », a réagi avec émotion Md Fazlur Rahman, un partisan du BNP âgé de 45 ans. « Ces dix-sept dernières années, nous avons énormément souffert », a-t-il confié à l'AFP.

Avant même la fermeture des bureaux de vote jeudi, Tarique Rahman avait exprimé une confiance sereine devant les médias. « Je vais gagner l'élection... nous aurons une majorité suffisante pour diriger calmement le pays », avait-il assuré. Âgé de 60 ans, ce probable futur premier ministre est l'héritier d'une longue dynastie politique. Rentré en décembre 2025 après dix-sept ans d'exil au Royaume-Uni, il a succédé à la tête du BNP à sa mère Khaleda Zia, trois fois première ministre, décédée quelques jours auparavant.

Le contexte politique

Son rival, Shafiqur Rahman, chef du Jamaat âgé de 67 ans et ancien prisonnier sous le régime de Sheikh Hasina, ambitionne quant à lui de devenir le premier premier ministre islamiste de l'histoire du Bangladesh, un pays à 90% musulman. Dans une déclaration solennelle jeudi soir, le chef du gouvernement provisoire et Prix Nobel de la paix Muhammad Yunus a exhorté tous les partis à respecter scrupuleusement les usages démocratiques, en faisant preuve de « tolérance et de respect ». « Nous devons rester unis dans l'intérêt national », a insisté Muhammad Yunus, 85 ans, annonçant son retrait immédiat après la proclamation des résultats officiels.

Une ferveur électorale palpable

Après une campagne électorale souvent tendue et parfois violente, le scrutin de jeudi, sécurisé par plus de 300 000 policiers et soldats, s'est déroulé sans incident majeur. De nombreux électeurs se sont réjouis de pouvoir voter, dans une ferveur inédite depuis l'élection de Sheikh Hasina en 2009. Les scrutins suivants avaient tous été boycottés par l'opposition ou entachés par des fraudes massives.

« Tant que la Ligue Awami [le parti de Sheikh Hasina] était là, les gens pensaient qu'ils dirigeraient le pays pour toujours », a commenté Mahfuz Rahman, 52 ans, après avoir voté jeudi dans un bureau de la capitale Dacca. « J'ai de la chance d'être témoin du changement », a-t-il ajouté avec espoir.

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Les attentes de la jeunesse

Fers de lance des émeutes meurtrières de l'été 2024, les jeunes Bangladais – les 18-37 ans constituent 44% du corps électoral – espèrent des changements profonds dans un pays confronté à une économie en panne et miné par la corruption. « C'est la première fois que je vote et, après tout ce que nous avons vécu ces dernières années, j'espère enfin quelque chose de positif », a déclaré à l'AFP Shithi Goswami, une étudiante de 21 ans ayant voté à Dacca.

Les électeurs bangladais se prononçaient également jeudi par référendum sur une série de réformes institutionnelles destinées à prévenir le retour d'un régime autoritaire. Selon les estimations publiées par les télévisions locales, les « oui » devaient l'emporter très largement.

La réaction de l'ancienne dirigeante

Depuis son exil en Inde, Sheikh Hasina, condamnée à mort pour la répression de la révolte de 2024, a dénoncé dans une déclaration publiée par son parti un scrutin « illégal et inconstitutionnel ». Cette élection marque ainsi un tournant décisif dans l'histoire politique mouvementée du Bangladesh, ouvrant une nouvelle ère après des années de régime autoritaire.