Le président français Emmanuel Macron est attendu en Syrie, a annoncé ce dimanche la présidence syrienne, sans préciser la date de sa venue. Cette visite sera la première d'un chef d'État d'une puissance occidentale depuis l'arrivée au pouvoir des nouvelles autorités de Damas fin 2024.
Une première depuis la chute de Bachar al-Assad
Ce déplacement marque une rupture diplomatique majeure. Les dernières visites en Syrie d'un président français remontent à celles de Nicolas Sarkozy en 2008 et 2009, avant la rupture provoquée par la répression du « printemps arabe » en 2011 par le pouvoir de Bachar al-Assad. Interrogé par l'AFP, l'Élysée n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.
Macron, premier dirigeant de l'UE à Damas
L'émir du Qatar, Tamim ben Hamad Al-Thani, a été début 2025 le premier chef d'État à se rendre auprès de son homologue syrien, Ahmad al-Chareh, qui a renversé en décembre 2024 Bachar al-Assad à la tête d'une coalition islamiste. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, en janvier 2026, et l'Ukrainien Volodymyr Zelensky, en avril, l'ont suivi. Emmanuel Macron sera toutefois le premier dirigeant d'un pays de l'Union européenne, et le premier chef d'État d'une puissance occidentale, à se rendre à Damas. Il avait déjà été le premier à accueillir Ahmad al-Chareh en Occident, en mai 2025, lorsqu'il avait fait le pari d'accompagner la transition syrienne en s'affichant à l'Élysée avec ce dirigeant au passé djihadiste malgré les critiques d'opposants à droite et à l'extrême droite.
Un « moteur » dans la « normalisation » du pouvoir syrien
La visite à Paris avait précédé un autre déplacement, encore plus stratégique, du dirigeant syrien à Washington auprès de Donald Trump, et la levée des sanctions européennes et américaines contre la Syrie. « Emmanuel Macron a été moteur » dans la « normalisation » du nouveau pouvoir syrien, « il a mis le pied à l'étrier à al-Chareh sur la scène internationale », déclare à l'AFP le spécialiste de la Syrie Arthur Quesnay. Selon ce chercheur affilié à l'Université Paris-1 Panthéon-Sorbonne, « on a beaucoup dit que Macron a fait le pari d'al-Chareh, il faut qu'il montre que c'était un bon pari », alors que la matrice djihadiste de son mouvement est toujours « une source d'inquiétude », malgré les assurances prodiguées par les nouvelles autorités à leurs partenaires.
Alors que le dirigeant syrien est encouragé par Washington, « la France veut dire aux Américains qu'elle voudrait avoir sa part du marché en Syrie et y avoir de l'influence », affirme le diplomate syrien Bassam Barabandi, fondateur du groupe de réflexion Nexus.
Un message de protection des minorités
À Paris, Emmanuel Macron avait exhorté son homologue à protéger « tous les Syriens sans exception », un message qu'il devrait réitérer à Damas. Le président al-Chareh s'est engagé à protéger les minorités d'un pays multiethnique et multiconfessionnel, mais sans pouvoir empêcher des massacres d'Alaouites, communauté dont est issu le clan Assad, en mars 2025, et des affrontements sanglants avec des combattants druzes il y a un an.



