Le président français entame une visite d'État historique en Corée du Sud
Emmanuel Macron est arrivé jeudi à Séoul pour une visite d'État de deux jours, marquant la première présence d'un président français en Corée du Sud depuis quinze ans. Ce déplacement s'inscrit dans une mini-tournée asiatique débutée mardi à Tokyo, visant à consolider les liens stratégiques et diplomatiques de la France dans la région.
Une arrivée protocolaire chargée de symboles
Le président français a atterri à la base aérienne de Seongnam, au sud de Séoul, où il a été accueilli par un cérémonial traditionnel comprenant des archers en tenue jaune-or et noire ainsi qu'une salve de coups de canon. Immédiatement après son arrivée, Emmanuel Macron s'est rendu au Mémorial de la guerre de Corée pour y déposer une gerbe et se recueillir devant une stèle commémorant les plus de 270 soldats français tombés durant ce conflit qui a déchiré la péninsule de 1950 à 1953.
Le président a également échangé avec un ancien combattant coréen ayant servi aux côtés du bataillon français, soulignant les liens historiques unissant les deux nations. La soirée s'est poursuivie par un dîner de travail à la Maison Bleue, la résidence présidentielle sud-coréenne à Séoul.
140 ans de relations diplomatiques à célébrer
Cette visite intervient alors que la France et la Corée du Sud célèbrent cette année 140 ans de relations diplomatiques. Dans une tribune publiée dans Le Figaro, le président sud-coréen Lee Jae Myung a estimé que les partenariats entre ces deux démocraties partageant des valeurs communes sont désormais devenus une nécessité stratégique plutôt qu'une simple option souhaitable.
Le dirigeant sud-coréen appelle à une coordination stratégique approfondie dans plusieurs domaines-clés :
- L'intelligence artificielle et les technologies numériques
- Le secteur nucléaire civil
- Les technologies de l'hydrogène vert
- L'industrie spatiale et aérospatiale
Un programme chargé pour la seconde journée
La journée de vendredi s'annonce particulièrement dense avec plusieurs rendez-vous diplomatiques et économiques majeurs :
- Un entretien formel avec le président Lee Jae Myung
- Un déjeuner d'État officiel
- Des échanges avec des étudiants de l'université de Yonsei
- Une rencontre avec des investisseurs sud-coréens, notamment les dirigeants de Samsung et Hyundai Motor
Avant son retour à Paris dans la soirée, Emmanuel Macron inaugurera le Centre Pompidou Hanwha Séoul, puis participera à un dîner avec des représentants de la K-pop, instrument majeur du soft power culturel sud-coréen.
Convergences géopolitiques et enjeux énergétiques
Lors de son passage au Japon, le président français avait déjà mis en avant les convergences stratégiques entre l'Europe et les démocraties asiatiques, appelant à agir ensemble pour éviter une dépendance excessive envers des puissances hégémoniques parfois imprévisibles, faisant référence à la Chine et aux États-Unis.
Emmanuel Macron a vanté la prévisibilité de l'Europe face aux décisions unilatérales, évoquant notamment la guerre lancée contre l'Iran par l'ancien président américain Donald Trump sans consultation préalable des alliés, pourtant directement impactés par ses conséquences économiques.
La Corée du Sud, tout comme le Japon, dépend fortement du pétrole importé du Moyen-Orient et a signé une déclaration commune avec une vingtaine de pays, dont la France, exprimant leur volonté de contribuer aux efforts pour accompagner la réouverture du détroit d'Ormuz une fois les hostilités terminées. Ce passage maritime stratégique, normalement essentiel au transit du brut régional, est actuellement bloqué par la riposte iranienne aux attaques américaines et israéliennes.
Cette visite d'État s'inscrit donc dans un contexte géopolitique complexe où la France cherche à renforcer ses partenariats stratégiques avec des démocraties asiatiques partageant ses valeurs, tout en sécurisant les approvisionnements énergétiques et en développant des coopérations technologiques de haut niveau.



