Nouvelle-Calédonie : Sébastien Lecornu organise des réunions séparées après le boycott des Loyalistes
Lecornu réunit séparément les forces politiques calédoniennes

Nouvelle-Calédonie : Sébastien Lecornu organise des réunions séparées après le boycott des Loyalistes

Sébastien Lecornu a été contraint de mener deux rencontres distinctes avec les forces politiques calédoniennes ce mardi, une avec les indépendantistes et une autre avec les non-indépendantistes. Cette organisation en deux temps fait suite au refus catégorique des Loyalistes et du Rassemblement de s'asseoir à la même table que le FLNKS, créant une impasse dans les discussions.

Un boycott de dernière minute

Initialement, une seule réunion était prévue pour tirer les conséquences du rejet par l'Assemblée nationale du projet de réforme constitutionnelle. Cependant, moins de deux heures avant l'ouverture des discussions, les deux principaux partis non-indépendantistes ont annoncé leur boycott dans un communiqué commun. Ils ont justifié leur position en dénonçant la présence du président du FLNKS Christian Tein, « directement mis en cause par la justice dans l'organisation des violences du 13 mai 2024 ».

De son côté, le FLNKS avait confirmé plus tôt sa participation. Arnaud Cholet Leakava, membre de son bureau politique, a invoqué sur « Nouvelle-Calédonie La 1ère » la « parole donnée » aux militants de poursuivre les discussions, malgré les tensions persistantes.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des échanges scindés en deux sessions

Face à cette situation bloquée, deux réunions ont finalement été organisées. La première a rassemblé les indépendantistes du FLNKS ainsi que des membres des partis dits « centristes » de Calédonie ensemble et l'Éveil océanien. La seconde réunion a réuni les non-indépendantistes, comprenant les Loyalistes et le Rassemblement-LR, ainsi que les indépendantistes favorables aux accords de Bougival de l'UNI.

L'entourage de Sébastien Lecornu a précisé : « Le Premier ministre enchaîne, au cours de la matinée, deux réunions successives avec l'ensemble des signataires de Bougival, de l'Élysée et d'Oudinot, afin de consulter l'ensemble des partenaires. » À l'issue de la première réunion, les représentants du FLNKS ont quitté le haut-commissariat sans s'adresser à la presse, marquant le climat tendu des échanges.

Les réactions et le contexte explosif

Calédonie ensemble a vivement critiqué cette situation dans un communiqué, qualifiant l'initiative gouvernementale de « naufrage ». Le parti estime que « la seule perspective réaliste » reste l'organisation des élections provinciales au 28 juin, date limite fixée par le législateur.

Le texte rejeté par l'Assemblée nationale, auquel s'opposait le FLNKS, devait inscrire dans la Constitution la création d'un « État de la Nouvelle-Calédonie » doté d'une nationalité propre, et organiser un référendum local d'ici le 26 juillet. Sébastien Lecornu avait critiqué sur X la motion de rejet ayant enterré le texte avant même son examen, y voyant une « forme de motion de mépris ».

Ce projet prévoyait également un quatrième report des élections provinciales et un élargissement du corps électoral, une question explosive qui avait déclenché des émeutes en mai 2024. Ces violences ont fait 14 morts et ont plongé l'économie locale dans une crise durable, soulignant l'urgence de trouver des solutions politiques stables.

Les rencontres de ce mardi, bien que séparées, représentent une tentative de maintenir le dialogue dans un contexte particulièrement polarisé. La situation reste fragile, avec des enjeux constitutionnels majeurs et des tensions sociales persistantes qui nécessitent une attention continue des autorités et des acteurs politiques locaux.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale