Intervention du général Roland Gilles au lycée Saint-Gabriel
Le général Roland Gilles, ancien directeur général de la gendarmerie nationale et ancien ambassadeur de France, est intervenu mardi 5 mai devant vingt-quatre élèves de première et terminale de la classe sécurité défense globale du lycée privé Saint-Gabriel à Saint-Affrique. Étaient également présents des enseignants, d'autres lycéens et des représentants de la gendarmerie locale, soit une quarantaine de personnes.
Un parcours riche au service de l'État
Le général Roland Gilles, actuellement maire adjoint d'Albi, a occupé des postes clés : directeur général de la gendarmerie nationale de 2008 à 2010, ambassadeur de France en Bosnie-Herzégovine de 2010 à 2014, et commandeur de la Légion d'honneur. Il a témoigné de son parcours sur les relations internationales et la place des frontières nationales, illustrant son propos d'images et de cartes géographiques.
Analyse sans langue de bois
Sans détour, il a livré son analyse de la situation actuelle dans plusieurs régions du monde, en s'appuyant sur des exemples vécus. Il a évoqué les "frontières impossibles" en Bosnie entre plusieurs religions, et rappelé les conflits au Proche-Orient depuis la création de l'État d'Israël en 1948.
Concernant la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran et la situation dans le détroit d'Ormuz, il a regretté que "la France et l'Europe soient trop passives. Il y a deux enjeux. Un enjeu économique majeur, et un enjeu sur les droits de l'homme et de la femme avec 70 000 morts par le régime des Mollahs qui tue sa population. Peut-on l'accepter ?"
Frontières modernes et défis sociétaux
Élargissant son propos, le général a déclaré : "Nous sommes citoyens du monde. N'y a-t-il pas d'autres frontières ? Elles sont obsolètes avec Facebook. N'y a-t-il pas d'autres frontières culturelles, sociales avec le mal-vivre ? L'accès au travail sera une frontière."
Il a ensuite abordé les "frontières dogmatiques" comme le projet de Notre-Dame-des-Landes ou l'autoroute Castres-Toulouse. Se référant à la liberté d'expression, "l'une des règles de la vie en société", il a rendu grâce aux professeurs : "je suis révolté quand les enseignants se brident pour ne pas braquer un dogme ou les adeptes de l'islamisme radical. Ce n'est pas acceptable."
Appel à une défense européenne renforcée
Évoquant l'avenir, il a souligné : "à nous d'assurer notre propre défense. L'Europe est faible politiquement à travers la planète." Quant à l'ONU, elle "ne pèse plus dans les relations internationales. La Russie est un prédateur et les USA piétinent le droit international. On ne peut que le regretter."



