La France réagit fermement aux déclarations américaines sur l'affaire Deranque
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé dimanche la convocation imminente de l'ambassadeur américain en France, Charles Kushner. Cette décision fait suite aux publications de la diplomatie américaine concernant le militant identitaire Quentin Deranque, décédé après avoir été frappé par des militants antifascistes le 12 février dernier.
Une condamnation ferme de l'ingérence étrangère
Dans l'émission "Questions Politiques" diffusée sur Franceinfo, France Inter et Le Monde, Jean-Noël Barrot a clairement exprimé le refus français de toute instrumentalisation de ce drame. "Nous refusons toute instrumentalisation de ce drame qui endeuille une famille française", a-t-il déclaré avec fermeté. Le chef de la diplomatie française a ajouté : "Nous n'avons aucune leçon, s'agissant de la violence en particulier, à recevoir de l'internationale réactionnaire".
Les déclarations américaines qui provoquent la réaction française
L'ambassade des États-Unis en France et le Bureau de lutte contre le terrorisme du département d'État américain ont affirmé suivre de près l'"affaire Quentin". Sur le réseau social X, l'ambassade américaine a publié un message préoccupant : "Les informations, corroborées par le ministre français de l'Intérieur, selon lesquelles Quentin Deranque aurait été tué par des militants d'extrême gauche, devraient tous nous préoccuper." Le message poursuivait en alertant sur la hausse de l'extrémisme violent de gauche et la menace qu'il représenterait pour la sécurité publique.
Le contexte de la manifestation à Lyon
Des milliers de personnes ont défilé samedi à Lyon pour rendre hommage à Quentin Deranque. Le rassemblement, qui s'est tenu sous une forte présence policière, a été marqué par quelques légers accrochages avec des riverains. Certains manifestants ont entonné des chants comme "On est chez nous !", tandis que la préfecture du Rhône a annoncé avoir saisi la justice concernant des saluts nazis et des insultes proférées lors de l'événement.
La position ferme du Quai d'Orsay
Jean-Noël Barrot a condamné sans ambiguïté les signes et saluts nazis observés lors de la manifestation, soutenant la décision de la préfecture du Rhône de saisir la justice. Le ministre a également abordé la question des sanctions américaines visant Thierry Breton, ancien commissaire européen, et Nicolas Guillou, membre de la Cour pénale internationale. "Les sanctions dont il fait l'objet sont une atteinte à l'indépendance de la justice internationale", a-t-il déclaré concernant Nicolas Guillou. Concernant Thierry Breton, il a ajouté : "Les sanctions dont il fait l'objet sont une atteinte à l'autonomie décisionnelle de l'Union européenne."
L'implication du président Macron
Selon des informations rapportées par Le journal La Tribune samedi soir, le président Emmanuel Macron aurait écrit à son homologue américain Donald Trump pour lui demander de lever les sanctions visant les deux Français. Cette démarche diplomatique s'inscrit dans le cadre plus large des tensions entre la France et les États-Unis sur plusieurs dossiers sensibles.
Cette affaire met en lumière les tensions diplomatiques croissantes entre la France et les États-Unis, avec Paris affirmant son refus catégorique de toute ingérence dans ses affaires intérieures, particulièrement lorsqu'elles concernent des drames familiaux et des questions de sécurité nationale.



