Une femme à la tête de l'ONU : un enjeu de « justice historique » selon Maria Fernanda Espinosa
Femme à l'ONU : justice historique selon Espinosa

Après 80 ans d'hégémonie masculine à la tête de l'ONU, le choix d'une femme pour diriger l'organisation en crise est un enjeu de « justice historique » et de « mérite » pour la moitié de l'humanité oubliée, plaide Maria Fernanda Espinosa, candidate au poste de secrétaire générale.

Une candidature officielle

Agée de 61 ans, l'ancienne ministre équatorienne des Affaires étrangères et de la Défense, Maria Fernanda Espinosa, a officialisé sa candidature cette semaine. Elle rejoint ainsi quatre autres prétendants pour succéder à Antonio Guterres le 1er janvier 2027. Parmi eux, deux femmes sont également en lice. Espinosa proclame son « amour profond » pour l'ONU et se dit prête à relever les défis de l'organisation.

Un appel à la justice historique

« Certains disent qu'il est temps qu'une femme soit cheffe de l'ONU, et je pense que c'est une question de justice historique, et aussi une question de mérite, d'avoir un vivier complet de mérite, d'expérience et de savoir au service des Nations unies », déclare-t-elle lors d'un entretien avec l'AFP à New York. Elle insiste sur le fait que priver la moitié de la population mondiale de cette possibilité est inacceptable. « Nous ne pouvons pas priver la moitié de la population du monde de cette possibilité et je pense que si nous voulons changement et transformation, pourquoi pas avoir, après 80 ans, une femme, et la femme qu'il faut, à la tête de l'organisation », poursuit-elle, évoquant un « changement de perspective » nécessaire dans un contexte international compliqué.

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Un contexte de crise

Le monde subit un nombre record de conflits depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le processus de nomination a lieu au sein d'une organisation en crise politique et financière, visée par des accusations d'inaction. Espinosa reconnaît que l'ONU doit évoluer : « évidemment, (l'ONU) est un organisme vivant qui doit changer, se transformer et s'adapter. C'est normal ». Elle plaide pour aller plus loin que la réforme ONU80 lancée par Antonio Guterres il y a un an pour améliorer son fonctionnement.

Une vision pour l'avenir

Dans sa lettre de « vision », accompagnant sa candidature présentée par Antigua-et-Barbuda, elle propose la création d'un système d'« alerte précoce » collectant les « signaux » venant du terrain pour intervenir avant qu'un conflit ne se déclenche. Elle ne veut pas jeter la pierre aux secrétaires généraux précédents, affirmant qu'il est trop facile de dire que « le passé n'a pas marché » et de se présenter comme une « magicienne » qui va tout changer. « C'est un poste difficile », reconnaît-elle. « Mais si vous savez comment faire ce travail, si vous avez confiance en votre façon de diriger, je pense que l'ONU peut regarder vers le XXIe siècle avec plus de confiance et avec un sentiment que le changement est possible ». Elle souligne que cela nécessite un « élan politique » commun sous « un leadership fort et affirmé ».

Une connaissance de la maison

L'Equatorienne, qui a été notamment ambassadrice de son pays auprès de l'ONU à New York puis à Genève, et présidente de l'Assemblée générale des Nations unies – une des cinq femmes à avoir occupé ce poste – met en avant sa connaissance de la « maison » pour lancer sa campagne. Elle refuse de se comparer à ses adversaires : la Chilienne Michelle Bachelet, l'Argentin Rafael Grossi, la Costa-Ricaine Rebeca Grynspan et le Sénégalais Macky Sall.

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