Une enquête administrative déterminée à faire toute la lumière
Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a assuré ce dimanche que les investigations menées au Quai d'Orsay concernant les possibles liens d'un diplomate français avec le criminel sexuel américain Jeffrey Epstein iront jusqu'à leur terme. Invité de l'émission dominicale conjointe France Inter/Franceinfo/Le Monde, le ministre a rappelé avoir diligenté une enquête administrative pour contribuer au travail de la justice et lancé une procédure disciplinaire à l'encontre du diplomate Fabrice Aidan.
Un nom qui apparaît plus de deux cents fois dans les échanges
« Il est un peu tôt pour vous livrer toutes les conclusions, pour savoir comment les responsabilités peuvent être établies », a déclaré Jean-Noël Barrot, tout en assurant que son ministère veillerait « évidemment à ce que les responsabilités puissent être établies ». Le ministre a précisé que ceux qui en ont la charge au sein de son ministère sont déterminés à faire toute la lumière et à aller jusqu'au bout du travail d'investigation interne.
Il n'était toutefois pas en mesure de préciser quelles informations Fabrice Aidan avait pu transmettre à Jeffrey Epstein. Selon les documents consultés par l'AFP, le nom de ce diplomate français apparaît plus de 200 fois dans des échanges avec le pédocriminel américain. Les premiers contacts remontent à 2010, alors que Fabrice Aidan travaillait aux Nations unies, détaché par la France.
Un contexte international troublant
À cette époque, le diplomate français était également collaborateur du diplomate norvégien Terje Rød-Larsen. Ce dernier et son épouse Mona Juul font actuellement l'objet d'une enquête ouverte en Norvège, respectivement pour « complicité de corruption aggravée » et « corruption aggravée », en raison de leurs liens avec Jeffrey Epstein.
Le 10 février dernier, Jean-Noël Barrot découvrait les révélations mettant en cause ce diplomate français, cité à plusieurs reprises dans les dossiers Epstein. Il apprenait également que ce Français avait été visé par une enquête américaine pour consultation d'images pédopornographiques, sans avoir été inquiété au ministère des Affaires étrangères.
Une réaction ministérielle immédiate
Le ministre avait alors immédiatement saisi le procureur de la République au titre de l'article 40 du code de procédure pénale pour lui signaler les faits présumés mettant en cause Fabrice Aidan. Il avait parallèlement diligenté une enquête interne et lancé une procédure disciplinaire. Le lendemain de ces décisions, Jean-Noël Barrot s'était déclaré « effaré » et « indigné » par ces révélations.
Il convient de rappeler que le criminel sexuel Jeffrey Epstein avait cultivé un vaste réseau international composé notamment de politiciens, de chefs d'entreprise, d'universitaires et de célébrités. La simple mention du nom d'une personne dans le dossier Epstein ne suppose aucun acte répréhensible a priori de cette personne. Cependant, ces documents démontrent à tout le moins l'existence de liens entre le criminel sexuel ou son entourage et certaines personnalités qui ont souvent minimisé, voire nié, l'existence de telles relations.
L'enquête administrative menée par le Quai d'Orsay se poursuit donc avec détermination, tandis que la justice française mène son propre travail de manière indépendante. Le ministre Barrot a réaffirmé sa volonté de transparence et de responsabilité dans cette affaire qui touche aux plus hautes sphères diplomatiques françaises.



