L'ambassadeur de France à Alger, Stéphane Romatet, a estimé lundi que dialoguer avec l'Algérie est une nécessité, tout en appelant au respect mutuel entre les deux pays, qui ont amorcé un rapprochement après près de deux années de profonde crise diplomatique.
Un appel au dialogue
Intervenant sur France Inter, le diplomate a déclaré : « Discuter avec l’Algérie, ce n’est pas faire preuve de faiblesse, c’est une nécessité. On sait que c’est difficile, on sait que c’est exigeant, mais ce n’est pas abdiquer. » Il a souligné que la France dialogue avec de nombreux autres pays sans être accusée de faiblesse, en référence aux critiques de la droite et de l'extrême droite françaises.
Le cas du journaliste français
Interrogé sur le sort de Christophe Gleizes, journaliste français détenu depuis un an, Romatet a estimé qu'une approche stigmatisante serait contre-productive. « Reprendre cette relation avec Alger, c’est aussi aider Christophe à revenir le plus tôt possible en France », a-t-il affirmé. Arrêté en mai 2024 en Kabylie, Gleizes a été condamné en appel à sept ans de prison pour apologie du terrorisme.
Des propos jugés inacceptables
L'ambassadeur a également fustigé des propos « inacceptables » publiés par le quotidien El Watan visant le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, qui s'était rendu au Maroc. Le journal évoquait une « vassalisation » et multipliait les attaques personnelles. « De part et d’autre, il faut faire preuve de respect. Nous attendons du respect de la part de l’Algérie », a-t-il insisté.
Un contexte diplomatique complexe
La crise avait éclaté à l'été 2024 après le soutien de Paris à un plan d'autonomie sous souveraineté marocaine pour le Sahara occidental, provoquant le rappel de l'ambassadeur algérien. Les tensions se sont aggravées avec l'arrestation de l'écrivain Boualem Sansal et la mise en examen d'un agent consulaire algérien, conduisant à des expulsions réciproques de diplomates et au rappel de Romatet. Un dégel a été amorcé depuis février, avec des visites de ministres français à Alger. « D'autres visites sont programmées de ministres algériens en France, de hauts responsables français en Algérie dans les semaines qui viennent », a conclu l'ambassadeur.



