Guerre en Ukraine : Moscou fixe ses conditions pour un cessez-le-feu
Alors que les discussions entre les délégations russe et ukrainienne se poursuivent ce mardi 3 juin à Istanbul, les agences de presse d'État russes TASS et Ria Novosti ont obtenu le mémorandum que Moscou a transmis à Kiev. Ce document détaille les conditions exigées par la Russie pour envisager un cessez-le-feu de 30 jours.
Retrait des troupes et annexion de régions
Dans un premier temps, Moscou exige que l'armée ukrainienne retire ses troupes du front avant toute trêve. Ensuite, la Russie réclame que les régions partiellement occupées de Donetsk, Lougansk, Zaporijia et Kherson soient rattachées à son territoire. Ces annexions, revendiquées par Vladimir Poutine en 2022, devraient faire l'objet d'une reconnaissance juridique internationale, tout comme celle de la Crimée annexée en 2014, afin de devenir définitivement russes.
Neutralité de l'Ukraine et fin des sanctions
Le mémorandum exige également la levée des sanctions économiques imposées à la Russie et à ses oligarques depuis le début du conflit. Moscou insiste pour que l'Ukraine reste neutre et n'intègre aucune alliance militaire, notamment l'OTAN. La taille de l'armée ukrainienne devrait être limitée, les livraisons d'armes occidentales stoppées et le partage de renseignements interrompu. De plus, le déploiement d'armes nucléaires en Ukraine serait interdit.
Langue russe et dissolution de formations nationalistes
Parmi les conditions sociales, la Russie demande la libération des prisonniers politiques, militaires et civils, ainsi que le respect des droits des russophones. Le russe deviendrait une langue officielle en Ukraine, aux côtés de l'ukrainien. Enfin, Moscou exige la dissolution des formations nationalistes ukrainiennes, afin d'interdire selon elle la glorification du nazisme et du néonazisme.
Ces conditions, jugées inacceptables par Kiev, ont déjà été refusées par le passé. En parallèle, la Russie a rejeté une offre de cessez-le-feu ukrainienne lundi, ne proposant qu'une trêve partielle de deux à trois jours sur certaines zones du front.



