Un traceur à 5 euros localise une frégate escortant le Charles-de-Gaulle
Traceur à 5 euros localise frégate du Charles-de-Gaulle

Un traceur à 5 euros dévoile la position d'une frégate militaire

Une enquête du média néerlandais Omroep Gelderland a révélé qu'un simple traceur GPS acheté pour seulement 5 euros, associé à une carte postale et deux timbres, a permis de localiser avec précision une frégate des Pays-Bas escortant le porte-avions français Charles-de-Gaulle en Méditerranée. Cette affaire, survenue en mars dernier, met en lumière des vulnérabilités inquiétantes dans les protocoles de sécurité des forces armées.

Une méthode simple pour contourner les contrôles

Pour démontrer les failles du système, les journalistes ont envoyé le traceur via le service postal de la Défense néerlandaise, qui permet aux soldats de rester en contact avec leurs familles. Bien que les colis soient soumis à des contrôles aux rayons X, les lettres affranchies échappent souvent à ces vérifications. Ainsi, le dispositif a pu atteindre la frégate Evertsen sans être détecté, fournissant en temps réel sa localisation exacte.

Les données recueillies ont permis de retracer le trajet complet du navire, depuis une base navale aux Pays-Bas jusqu'en Crète, puis le long des côtes crétoises et vers l'est, en direction de Chypre. Bien que les journalistes n'aient pas pu confirmer si la frégate se trouvait à proximité immédiate du Charles-de-Gaulle à ce moment-là, la coïncidence des positions laisse peu de doute.

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Des précédents inquiétants en matière de sécurité

Cet incident n'est pas isolé. Déjà, en mars dernier, le journal Le Monde avait rapporté que l'application de sport Strava, utilisée par un marin du Charles-de-Gaulle, avait permis de localiser le porte-avions en Méditerranée orientale. Un footing enregistré sur l'application, combiné à une photo satellitaire, avait confirmé sa position près de Chypre.

Face à ces révélations, les autorités militaires ont réagi vivement. Le ministère de la Défense néerlandais a annoncé prendre l'affaire très au sérieux et mettre en place des mesures correctives. De son côté, l'état-major des Armées françaises a déclaré que le cas signalé n'était pas conforme aux consignes en vigueur et que des actions adaptées seraient prises par le commandement.

Contexte opérationnel en Méditerranée orientale

Le Charles-de-Gaulle et son escorte étaient déployés en Méditerranée orientale début mars, dans un contexte de tensions régionales accrues suite aux frappes américaines et israéliennes contre l'Iran. La mission incluait également la défense aérienne de Chypre, membre de l'Union européenne.

Dans la zone, d'autres navires militaires sont présents, tels qu'un porte-hélicoptères amphibie et sa frégate d'escorte, tandis qu'une autre frégate participe à la mission européenne Aspides dans le golfe d'Aden, visant à protéger le trafic maritime en mer Rouge. Ces déploiements soulignent l'importance stratégique de la région et la nécessité de garantir une sécurité optimale pour les forces armées.

Cette affaire rappelle cruellement que les technologies accessibles au grand public peuvent être détournées à des fins d'espionnage, mettant en péril la confidentialité des opérations militaires. Elle appelle à une révision urgente des procédures de sécurité, notamment dans la gestion du courrier et l'usage des appareils connectés par le personnel en mission.

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