Commandant chinois d'un pétrolier russe condamné à un an de prison par la justice française
Pétrolier russe : commandant chinois condamné à un an de prison

Un commandant chinois condamné pour son refus face à la marine française

Le tribunal correctionnel de Brest a rendu son verdict ce lundi 30 mars 2026, condamnant le commandant chinois du pétrolier Boracay à une peine d'un an de prison ferme. Cette décision judiciaire intervient après l'arraisonnement du navire en septembre 2025 au large des côtes bretonnes, dans le cadre d'une opération menée par la marine française.

Une condamnation lourde pour refus d'obtempérer

Le commandant, qui n'était pas présent lors de l'audience, a également écopé d'une amende de 150 000 euros. Le tribunal a émis un mandat d'arrêt à son encontre, confirmant ainsi la gravité des faits qui lui sont reprochés. Cette peine correspond exactement aux réquisitions du parquet formulées lors de l'audience du 23 février dernier.

Lors du procès, le substitut du procureur Gabriel Rollin avait souligné que les militaires français "ont fait face à une particulière mauvaise volonté du capitaine". Cette attitude a contraint les forces navales à effectuer "une manœuvre dangereuse, de nature à engendrer un accident" lors de l'interception du navire de 244 mètres de long.

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Les circonstances de l'interception

Les faits remontent au 27 septembre 2025, lorsque le Boracay naviguait dans les eaux internationales au large de l'île d'Ouessant. Le pétrolier, qui ne présentait aucun pavillon visible, a refusé de se soumettre au contrôle de la marine française souhaitant l'inspecter. Cette obstruction a directement conduit à son arraisonnement et aux poursuites judiciaires actuelles.

Le navire, qui transportait une cargaison de pétrole russe à destination de l'Inde, avait préalablement hissé un faux pavillon béninois pour tenter de dissimuler son identité. Cette manœuvre s'inscrit dans le contexte plus large des sanctions européennes visant la flotte fantôme russe, à laquelle appartenait le Boracay.

Un navire aux multiples soupçons

Au-delà du simple refus d'obtempérer, le pétrolier était suspecté d'implication dans plusieurs activités controversées :

  • Appartenance avérée à la flotte fantôme russe, contournant les sanctions internationales
  • Transport de pétrole russe malgré les restrictions commerciales en vigueur
  • Implication présumée dans des survols de drones ayant perturbé le trafic aérien danois en septembre 2025
  • Présence à bord de deux employés d'une société de sécurité privée russe chargés de surveiller l'équipage et de collecter des renseignements

L'avocat du commandant avait plaidé la relaxe durant le procès, contestant la compétence du tribunal français pour juger des faits survenus en eaux internationales. Cet argument n'a pas été retenu par la justice bretonne.

Évolution du navire depuis les faits

Depuis son arraisonnement en septembre 2025, le Boracay a subi d'importantes transformations. Le pétrolier a changé de nom pour devenir le Phoenix et arbore désormais ouvertement un pavillon russe, sans plus tenter de dissimuler son identité. Cette évolution illustre les difficultés persistantes du contrôle maritime face aux stratégies d'évasion des flottes sous sanctions.

Cette affaire met en lumière les défis opérationnels et juridiques auxquels font face les marines européennes dans leur lutte contre les contournements des sanctions internationales liées au conflit en Ukraine. La condamnation du commandant chinois établit un précédent significatif dans la répression des activités de la flotte fantôme russe dans les eaux européennes.

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