La Norvège redoute une invasion russe pour protéger les actifs nucléaires
Norvège craint invasion russe pour protéger nucléaire

La Norvège face à la menace d'une invasion russe pour sécuriser l'arsenal nucléaire

Dans une déclaration alarmante, le chef d'état-major des armées norvégiennes, le général Eirik Kristoffersen, a révélé que son pays ne peut exclure la possibilité d'une invasion russe sur son territoire. Cette mise en garde, formulée lors d'une interview exclusive accordée au Guardian, souligne une préoccupation majeure pour la sécurité nationale norvégienne et la stabilité régionale.

Une offensive motivée par la protection des capacités nucléaires

Le général Kristoffersen a précisé que cette invasion potentielle ne viserait pas une conquête territoriale classique, mais aurait pour objectif principal la protection des actifs nucléaires russes stationnés dans le Grand Nord. "Nous n'excluons pas une appropriation de terres par la Russie dans le cadre de son plan visant à protéger ses propres capacités nucléaires", a-t-il affirmé, ajoutant que ces armes représentent "la seule chose qui lui reste pour menacer réellement les États-Unis".

Bien que le scénario d'une invasion similaire à celle de l'Ukraine soit considéré comme improbable, le militaire norvégien attire l'attention sur la concentration massive d'armements russes à proximité immédiate de la frontière norvégienne. La péninsule de Kola, située dans l'extrême Nord, abrite en effet une partie significative de l'arsenal nucléaire russe, comprenant :

  • Des sous-marins nucléaires stratégiques
  • Des missiles terrestres à capacité nucléaire
  • Des avions équipés d'armements nucléaires

Une zone stratégique d'importance cruciale

Cette région arctique revêt une importance capitale pour la sécurité stratégique russe face à l'Occident. Comme l'expliquait déjà en juillet 2025 Johan Roaldsnes, chef régional du service de renseignement intérieur norvégien, "le plan russe est le suivant : si les tensions avec l'Otan s'enveniment, ils doivent créer une zone tampon" pour préserver leur capacité à mener des frappes nucléaires. Cette logique impliquerait le contrôle des territoires voisins immédiats, dont potentiellement des portions du nord norvégien.

Le général Kristoffersen, qui dirige la défense norvégienne depuis 2020, précise que son pays se prépare activement à ce scénario dans le Grand Nord. "C'est en quelque sorte le scénario auquel nous nous préparons", confirme-t-il, tout en indiquant que les préparatifs couvrent un large éventail de menaces, incluant :

  1. Les invasions conventionnelles
  2. Les opérations de sabotage
  3. Les menaces hybrides de nouvelle génération

Des communications maintenues malgré les tensions

Malgré cette menace potentielle, le chef d'état-major norvégien souligne que les canaux de communication entre la Russie et la Norvège demeurent ouverts. Des contacts directs persistent régulièrement, notamment dans le cadre :

  • Des missions conjointes de recherche et de sauvetage dans la mer de Barents
  • Des réunions frontalières régulières entre représentants militaires des deux nations

Eirik Kristoffersen se dit même favorable à l'établissement d'une ligne téléphonique militaire directe entre Moscou et Oslo, estimant qu'un tel canal de communication pourrait prévenir des escalades dues à des malentendus. Il note que "les violations que nous avons constatées dans notre espace aérien étaient dues à des malentendus", attribuant ces incidents à des pilotes peu expérimentés plutôt qu'à des provocations délibérées.

Le général observe également que la Russie s'est montrée moins offensive sur le territoire norvégien que dans la région de la mer Baltique, et que lors des discussions, "ils réagissent en fait de manière très professionnelle et prévisible". Cette période de tensions coïncide avec des bouleversements géostratégiques majeurs, marqués par l'adhésion de la Suède et de la Finlande à l'Otan et le renforcement significatif des défenses frontalières norvégiennes dans l'Arctique.