Un deuxième militaire français de la Finul succombe à ses blessures
Le caporal-chef Anicet Girardin, du 132e régiment d'infanterie cynotechnique de Suippes dans la Marne, est décédé ce mercredi 22 avril 2026. Il avait été grièvement blessé lors d'une embuscade survenue samedi dans le sud du Liban, une attaque attribuée par les autorités françaises et l'ONU au mouvement pro-iranien Hezbollah.
Une embuscade meurtrière dans le sud du Liban
Les soldats de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) ont été pris pour cible dans une embuscade violente. Anicet Girardin, âgé de 31 ans, a été violemment pris à partie par des tirs nourris de combattants du Hezbollah embusqués à très courte distance, selon la ministre des Armées Catherine Vautrin. Il portait secours à son chef d'élément, l'adjudant Florian Montorio, mortellement touché lors de la même attaque, lorsqu'il a été à son tour grièvement blessé.
Emmanuel Macron a annoncé la mort du militaire sur le réseau social X, soulignant que « la Nation rendra demain un hommage à l'adjudant Florian Montorio » et saluant « avec émotion la mémoire du caporal-chef Anicet Girardin et son sacrifice ». Le soldat, rapatrié en France, était soigné à l'hôpital militaire Percy de Clamart.
Un soldat expérimenté et engagé
Anicet Girardin était déployé depuis le 21 janvier dans le cadre de l'opération « Daman » au sein de la Finul. Maître-chien depuis près de dix ans, spécialisé dans la recherche et la détection d'explosifs, il avait déjà servi au Liban en 2019 puis au Mali. L'Armée de terre a salué sa mémoire, le décrivant comme « consciencieux, discret et d'une grande fiabilité », et père d'un enfant.
Le chef d'état-major des armées, le général Fabien Mandon, a exprimé sa « grande tristesse » et son soutien à la famille du défunt. Un hommage solennel lui sera rendu lors des commémorations des 7 et 8 mai, a annoncé le maire de Reims, Arnaud Robinet.
Réactions internationales et enquête en cours
Le président libanais Joseph Aoun a condamné « une nouvelle fois les tirs contre les Casques bleus français » et renouvelé ses condoléances. Le Premier ministre libanais Nawaf Salam, en visite à Paris, a déclaré suivre « personnellement le déroulement de l'enquête » sur cette embuscade, ajoutant que « de tels actes ne sauraient désormais rester impunis ».
Le Hezbollah, qui combat les troupes israéliennes dans la région, a nié toute responsabilité dans cette attaque. Emmanuel Macron a toutefois estimé que le mouvement n'avait pas visé les militaires « parce qu'ils étaient français » mais « parce qu'ils tenaient la mission d'être aux côtés des populations civiles ».
Contexte régional tendu
Ce décès porte à trois le nombre de soldats français tués depuis le début, le 28 février, de la guerre menée par Israël et les États-Unis contre l'Iran. Un autre militaire, le major Arnaud Frion, a été tué en Irak mi-mars dans une attaque de drones attribuée à une milice pro-iranienne.
La France maintient une posture « purement défensive » dans ce conflit qui embrase plusieurs pays du Moyen-Orient, martelant sa position non-belligérante. Une cérémonie d'hommage national à l'adjudant Florian Montorio aura lieu jeudi dans son régiment à Montauban, en présence de la ministre des Armées et du chef d'état-major de l'armée de terre.



