Des premiers soldats français sont arrivés sur l'île de l'Arctique, dans le cadre d'exercices décidés par le Danemark, alors que Donald Trump continue de faire pression pour s'emparer du territoire. Des soldats français sont arrivés, jeudi, au Groenland, à Nuuk, dans le cadre d'exercices décidés par le Danemark, alors que le président américain continue de faire pression pour acquérir l'île de l'Arctique. La France s'est engagée, comme d'autres pays (Allemagne, Norvège, Suède), à déployer ainsi des forces de reconnaissance pour participer à l'exercice danois Arctic Endurance, un geste militaire inédit dans cette zone stratégique.
Un déploiement progressif des forces françaises
Olivier Poivre d'Arvor, ambassadeur pour les pôles et les enjeux maritimes, a précisé, jeudi, sur franceinfo qu'une quinzaine de chasseurs alpins se rendaient au Groenland dans un premier temps. Mais d'autres forces françaises sont attendues sur place. Lors de ses vœux aux armées depuis la base aérienne d'Istres (Bouches-du-Rhône), Emmanuel Macron a annoncé l'envoi de "moyens terrestres, aériens et maritimes" en renfort dans les prochains jours. "C'est le rôle que la France doit jouer, celui d'être disponible face à l'évaluation de la menace, de savoir s'adapter et d'être aux côtés d'un État souverain pour protéger son territoire", a-t-il justifié.
La position européenne et les enjeux de souveraineté
"Les Européens ont une responsabilité particulière, car ce territoire appartient à l'Union européenne, car ce territoire est aussi celui d'un de nos alliés de l'Otan", a poursuivi le chef de l'État qui a qualifié le Groenland de "territoire autonome du Royaume du Danemark". Alors que Donald Trump réitère sa volonté de prendre le contrôle de l'île de l'Arctique riche en minerais, Emmanuel Macron a appelé les Européens à "être là, sans escalade mais intraitable sur le respect de la souveraineté".
Les menaces américaines et la réponse danoise
Le président américain dit désormais étudier plusieurs options, sans exclure une intervention militaire, des propos qui inquiètent le Danemark. "L'ambition américaine de prendre le contrôle du Groenland est intacte. C'est sérieux, et nous poursuivons en conséquence nos efforts pour empêcher que ce scénario ne devienne réalité", a souligné, jeudi, la Première ministre danoise Mette Frederiksen. "Le Groenland ne veut pas être dirigé ou contrôlé par les États-Unis", a abondé le Premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen. Mais le locataire de la Maison blanche a affirmé mercredi que les États-Unis avaient un besoin "vital" de prendre possession du Groenland, assurant ne pas pouvoir compter sur le Danemark pour protéger l'île, face aux menaces russe et chinoise. Copenhague, en renforçant désormais sa présence militaire autour du Groenland, tente de prouver le contraire.
Les messages adressés à l'administration américaine
La mission de reconnaissance entreprise par des pays européens membres de l'Otan au Groenland a été ordonnée en raison des "menaces russes et chinoises" dans l'Arctique, a également affirmé le ministère de la Défense allemand dans un communiqué, qui n'évoque pas les ambitions territoriales américaines. Il y a "deux messages" adressés à l'administration américaine, décrypte Marc Jacobsen, professeur associé au Collège royal de défense du Danemark. Le premier "consiste à dire : 'Nous prenons vos critiques au sérieux, nous renforçons notre présence, nous veillons à notre souveraineté et nous améliorons la surveillance du Groenland'." L'autre se veut dissuasif : "Il s'agit de montrer que si vous décidez d'agir militairement, nous sommes prêts à défendre le Groenland."
Les conséquences d'une éventuelle attaque américaine
De nombreux dirigeants ont prévenu qu'une prise de contrôle du Groenland par l'armée américaine pourrait signifier la fin de l'Otan. Une attaque d'un pays de l'Otan sur le territoire d'un autre membre de l'alliance transatlantique serait "un désastre politique", a averti, jeudi, le Premier ministre polonais Donald Tusk qui refuse, lui, d'envoyer des troupes sur l'île. Ce serait "la fin du monde tel que nous le connaissons", prévient-il. L'administration Trump reste, elle, inflexible, à ce stade. Le déploiement de troupes en Europe "n'a aucun impact sur son objectif d'acquérir le Groenland", a affirmé, jeudi, la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, pendant une conférence de presse.



