Une cinquantaine de députés européens ont adressé une lettre ouverte à la FIFA ce mardi, exigeant une enquête sur les circonstances entourant l'attribution du « prix de la paix » à Donald Trump. Ce prix, décerné en 2023 par l'organisation sportive, est désormais sous le feu des critiques alors que la Coupe du monde 2026, co-organisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique, approche.
Des accusations de conflit d'intérêts
Les parlementaires, issus de plusieurs pays de l'Union européenne, estiment que cette distinction pourrait avoir été influencée par des considérations politiques et économiques. « Il est troublant que la FIFA ait choisi de récompenser Donald Trump, un homme d'affaires controversé, alors que l'organisation est censée promouvoir des valeurs de paix et d'intégrité », a déclaré l'un des signataires, le député français Raphaël Glucksmann, cité dans le communiqué. Selon lui, « le lien entre ce prix et l'obtention de la Coupe du monde 2026 par les États-Unis mérite d'être éclairci ».
Un prix controversé dès le départ
Le « prix de la paix » de la FIFA, officiellement nommé « FIFA Fair Play Award », a été remis à Trump en septembre 2023 lors d'une cérémonie à New York. À l'époque, la décision avait suscité des critiques, notamment en raison des propos de Trump sur l'immigration et les musulmans. La FIFA avait justifié ce choix en soulignant le rôle de Trump dans la promotion du football aux États-Unis, notamment via l'organisation de la Coupe du monde 2026. Cependant, les députés européens estiment que cette justification est insuffisante.
Des précédents inquiétants
Les signataires rappellent que la FIFA a déjà été éclaboussée par des scandales de corruption, notamment lors de l'attribution des Coupes du monde 2018 et 2022 à la Russie et au Qatar. « Nous ne pouvons pas laisser la FIFA répéter les erreurs du passé. Une enquête transparente est nécessaire pour restaurer la confiance », a ajouté la députée allemande Anna Cavazzini. La lettre demande à la FIFA de publier tous les documents relatifs à l'attribution du prix et aux négociations pour la Coupe du monde 2026.
La FIFA sous pression
La FIFA n'a pas encore répondu officiellement à cette demande. Cependant, l'organisation est déjà confrontée à des pressions croissantes de la part de plusieurs gouvernements et ONG pour plus de transparence. Selon une source proche de la FIFA citée par l'AFP, « l'organisation prend ces accusations au sérieux et examinera la lettre avec attention ». La Coupe du monde 2026 doit se dérouler du 11 juin au 19 juillet 2026 dans 16 villes d'Amérique du Nord.
Un enjeu politique et sportif
Cette affaire intervient dans un contexte politique tendu, alors que Trump est candidat à l'élection présidentielle américaine de 2024. Les députés européens craignent que la FIFA ne soit utilisée comme outil de propagande. « Le sport ne doit pas être instrumentalisé à des fins politiques », a insisté Glucksmann. La lettre a été cosignée par des élus de France, d'Allemagne, d'Italie, d'Espagne, des Pays-Bas et de Suède, entre autres.



