Occitanie 10 ans : Carole Delga appelle à un nouvel acte de décentralisation
Occitanie 10 ans : Delga veut un nouvel acte de décentralisation

Occitanie 10 ans : Carole Delga dresse un bilan et réclame un nouvel acte de décentralisation

Le 4 janvier 2016, Carole Delga était élue à la tête de la toute nouvelle région Occitanie, fruit de la fusion entre Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées. Dix ans plus tard, la présidente socialiste dresse un bilan positif de cette union et appelle à un nouvel acte de décentralisation pour donner plus de pouvoirs aux régions.

Un état d'esprit de responsabilité dès le premier jour

Interrogée sur son état d'esprit le jour de son élection, Carole Delga confie avoir ressenti un « esprit de responsabilité », conscient des attentes et des doutes suscités par la nouvelle région. Elle a immédiatement pris deux décisions fortes : refuser un logement de fonction pour continuer à vivre dans son village de Martres-Tolosane, et lancer un plan d'urgence de 800 millions d'euros pour les entreprises et le BTP, visant à créer des emplois dans les treize départements.

Une identité régionale forgée par l'histoire et les valeurs

Pour Carole Delga, la fusion est une réussite en termes d'identité. « Il y a bien une âme dans cette région », affirme-t-elle, évoquant les racines historiques, l'art de vivre, les valeurs transmises par l'histoire, du Languedoc à la Retirada, en passant par l'agriculture, l'aéronautique et la vitalité culturelle. Elle souligne que 78 % des habitants se déclarent attachés à leur région, et que le nom « Occitanie » a été choisi par les citoyens eux-mêmes. Elle cite des politiques publiques concrètes : 14 millions de billets de train à 1 euro par an, loRdi, transports scolaires gratuits, et des marques régionales pour l'agriculture, la viticulture et l'artisanat.

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Des économies réalisées et une gestion rigoureuse

Interrogée sur les économies promises, Carole Delga assure que les chiffres sont là : 170 millions d'euros d'économies réalisées depuis 2016, soit l'équivalent de quatre nouveaux lycées. Elle cite la réorganisation des agences régionales, passées de 17 à trois grandes entités dédiées au climat, à l'économie et à la culture. Elle en profite pour critiquer l'État, qui « ponctionne les collectivités locales » avec une baisse de dotation de plus d'un demi-milliard d'euros en dix ans pour l'Occitanie.

Les grandes réussites de la fusion

Parmi les réussites, Carole Delga mentionne les investissements majeurs : les LGV Toulouse-Bordeaux et Montpellier-Perpignan, la réouverture de lignes ferroviaires, le développement de l'éolien flottant à Port-la-Nouvelle, la remise à niveau du littoral touristique, la création d'une filière cinéma à Montpellier, l'emploi de plus de 200 médecins dans les déserts médicaux, et les 800 millions d'euros d'aides aux entreprises pendant la crise Covid. Elle souligne également le doublement du budget régional pour répondre aux crises agricoles.

Un appel à un nouvel acte de décentralisation

En tant que présidente de Régions de France, Carole Delga appelle à un nouvel acte de décentralisation. Elle dénonce la lenteur des projets : « Pourquoi faut-il plus de 40 ans pour créer des lignes de train à grande vitesse ? » Elle estime que l'État doit se réorganiser et se concentrer sur ses missions régaliennes, tandis que les régions doivent obtenir plus de compétences et de moyens pour agir efficacement. « Les gens ne comprennent pas », insiste-t-elle, plaidant pour une simplification et un passage en « circuit court » dans les domaines de la santé, de la formation, des transports et de l'économie.

Un difficile baptême

L'histoire de la fusion n'a pas été sans heurts. Les élus de l'ex-Languedoc-Roussillon s'étaient prononcés contre l'union en 2014, et le choix du nom « Occitanie » a suscité des débats, avec une manifestation de 10 000 personnes à Perpignan en 2016, craignant pour la culture catalane. Dix ans plus tard, ces tensions semblent apaisées, et l'idée d'un redécoupage en 2023 a été vite oubliée.

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