Théoule-sur-Mer : le maire réélu Georges Botella opte pour l'apaisement politique
À l'issue d'une campagne municipale parfois tendue, le maire de Théoule-sur-Mer, Georges Botella, réélu au second tour des élections de 2026, a délibérément choisi la voie de la conciliation lors du premier conseil municipal suivant son succès électoral. Loin des polémiques de la campagne, l'édile a multiplié les gestes d'ouverture envers les élus d'opposition, dans un contexte marqué par l'absence notable de leur figure de proue, Sophie Rohfritsch.
Un changement de ton marqué
Critiqué durant la campagne pour son style de gouvernance qualifié d'autoritaire et son manque supposé de concertation, Georges Botella a présenté un visage résolument différent lors de cette séance. Avec une amabilité remarquée, il a pris le temps d'expliquer en détail le fonctionnement de chaque commission municipale, encourageant explicitement les élus d'opposition à y participer activement. « On est content de travailler avec vous, chacun va amener des idées », a-t-il déclaré à l'intention d'Aurélien Laurent et Frédérique Liagre de la liste « Un nouveau Cap pour Théoule ».
Cette volonté d'intégration s'est également manifestée par le retour d'Emmanuel Blanc au poste d'adjoint à la culture, après son ralliement à la liste du maire entre les deux tours. Une configuration qui symbolise la recherche d'une majorité élargie et apaisée.
Des propositions concrètes pour l'opposition
L'ouverture ne s'est pas limitée aux déclarations d'intention. Le maire a évoqué des mesures tangibles, notamment concernant la répartition des indemnités des élus. Après avoir déjà réduit sa propre part pour favoriser une redistribution plus large aux adjoints et conseillers délégués, Georges Botella a même suggéré la possibilité d'attribuer des délégations spécifiques à certains membres de l'opposition. « À terme, je pense qu'il faut que tout le monde travaille. Les choses évoluent, et on est des êtres humains, on habite tous dans le même village. On verra donc à l'usure... pardon, à l'usage ! », a-t-il affirmé, corrigeant avec humour un lapsus révélateur.
Concrètement, l'opposition sera représentée dans plusieurs commissions importantes :
- L'urbanisme
- Les délégations de service public concernant toutes les plages en 2027
- Les appels d'offres pour les marchés
- Les jurys de concours
« Je ne suis pas un dictateur » : une déclaration symbolique
Malgré cette volonté affichée de collaboration, quelques points de friction sont apparus. Frédérique Liagre a notamment questionné le nombre élevé de délégations (18) attribuées directement au maire, soulignant que « La liste est quand même très longue ». Une remarque à laquelle Georges Botella a répondu avec fermeté mais aussi une pointe d'autodérision : « Ce sont des décisions que je ne prends pas tout à fait seul, mais après consultation de mes services techniques et des conseillers en charge d'une délégation, je ne suis pas un dictateur. Ne vous inquiétez pas, je n'en abuserai pas ! ».
Cette déclaration, « Je ne suis pas un dictateur », résume à elle seule la stratégie de communication du maire réélu : reconnaître les critiques tout en les désamorçant par l'humour et des gestes concrets d'ouverture.
Les chiffres des indemnités
Le débat sur la gouvernance s'est également appuyé sur des données financières précises concernant les indemnités des élus, majorées du fait du statut de station touristique de Théoule-sur-Mer :
- Georges Botella (maire) : 5.381 euros
- Martine Phal (première adjointe) : 2.068 euros
- Emmanuel Blanc, Laura Delporte, Thierry Saes (adjoints) et Renée Blardone (conseillère déléguée) : 1.507 euros chacun
- Sandra Learissi, Eric Leveque, Rui Inacio et Géraldine Gramard (conseillers délégués) : 992 euros chacun
Cette transparence sur les rémunérations participe de la volonté affichée d'apaisement et de normalisation des relations politiques locales.
Après cette timide escarmouche, les débats se poursuivront prochainement avec l'examen crucial du budget communal. L'avenir dira si cette nouvelle ère de concorde annoncée résistera aux réalités pratiques de la gestion municipale.



