Un conseil municipal sous tension à Saint-Hilaire-de-Brethmas
Le conseil municipal de Saint-Hilaire-de-Brethmas s'est réuni mardi 14 avril en mairie, dans un climat déjà électrique. Dès l'ouverture, le maire Gaël Mancuso a acté plusieurs démissions au sein de l'opposition, remodelant la composition politique de l'assemblée.
Remaniements politiques et premières frictions
Les démissions de l'ancien maire Jean-Michel Perret, d'Évelyne Richard, Rémy Offredi et Olivier Mauras ont été officialisées. La liste "Initiatives pour Saint-Hilaire" est désormais représentée par Orlane Chabassut, Laurent Clerc, Sandy Szlek, Sabine Nicolas et Nicolas Ferrière. Au sein de la liste "Pour Saint-Hilaire", Sylvie Galtier reste la seule élue en place.
Parmi les dix-huit points à l'ordre du jour figurait la désignation des représentants dans les commissions, mais les délégations aux adjoints n'ont pas encore été adoptées, ajoutant à l'incertitude.
Débats houleux sur la délégation de pouvoirs
Les tensions se sont rapidement manifestées lors de l'examen de la délégation d'attributions du conseil municipal au maire. Orlane Chabassut a vivement critiqué une délégation jugée trop étendue, notamment concernant la fixation des droits de place et des tarifs. "C'est comme si on acceptait que vous signiez des chèques en blanc", a-t-elle déclaré, exprimant des craintes sur la gestion financière.
Gaël Mancuso a tenté de rassurer l'assemblée, affirmant qu'il ne ferait pas "n'importe quoi avec l'argent public", mais ces assurances n'ont pas suffi à apaiser les esprits.
Un budget 2026 source de préoccupations
La séance s'est conclue par le débat d'orientation budgétaire, présenté par l'adjoint Cyril Pradeilles. Pour 2026, la municipalité anticipe une baisse des recettes, en particulier des dotations de l'État, ce qui complique la planification.
Les investissements évoqués incluent le cimetière, le Plan local d'urbanisme (PLU) et l'accueil de loisirs, mais l'opposition a jugé ces perspectives insuffisamment structurées. Nicolas Ferrière a critiqué : "Il vous appartenait de fixer un cap et de porter une vision. La présentation est très faible et tend à m'inquiéter".
Le maire a défendu une approche prudente, soulignant : "Nous ne lancerons pas de grands investissements sans connaître précisément les capacités de la commune". Il a également annoncé un audit financier pour évaluer les marges de manœuvre.
Critiques sur les infrastructures et le PLU
Sylvie Galtier a regretté l'absence de projet pour la voirie, dénonçant "l'état lamentable des routes", un point qui a suscité des échanges animés.
Laurent Clerc s'est interrogé sur les 100 000 € alloués à la poursuite de l'élaboration du PLU, une somme qu'il estime élevée au regard de l'avancement du dossier. Gaël Mancuso a insisté sur l'urgence de finaliser ce document, avertissant : "Tant que la commune ne dispose pas d'un PLU, l'État ne l'accompagnera plus".
L'écoquartier, une "épée de Damoclès" financière
Autre sujet sensible, l'écoquartier a été décrit par le maire comme une "épée de Damoclès" financière. "L'arrêter serait risqué, mais le maintenir en l'état serait dangereux. Une requalification est à l'étude", a-t-il expliqué, soulignant les dilemmes auxquels fait face la municipalité.
Ce conseil municipal, marqué par des échanges tendus et des désaccords profonds, laisse entrevoir un climat politique délicat pour les mois à venir, avec des défis budgétaires et de gouvernance à relever.



