Ambarès-et-Lagrave : tensions budgétaires après le vote des indemnités des élus
Tensions budgétaires à Ambarès-et-Lagrave après indemnités

Une mandature mouvementée à Ambarès-et-Lagrave

Le début de la nouvelle mandature à Ambarès-et-Lagrave s'annonce tumultueux, loin d'être un long fleuve tranquille. Après un conseil municipal d'installation agité fin mars, la deuxième séance du samedi 4 avril a donné lieu à des débats parfois musclés, témoignant des traces laissées par la campagne électorale et l'issue du scrutin. Les tensions entre les différentes parties se sont encore manifestées ce mercredi 8 avril, lors des échanges sur les orientations budgétaires.

Le dossier épineux des indemnités des élus

Samedi, la question des indemnités aux élus a particulièrement cristallisé les crispations entre opposition et majorité. Le nouveau maire David Poulain, qui exercera ses fonctions « à plein temps », a annoncé son choix de ne pas bénéficier de la majoration liée à la dotation de solidarité urbaine (DSU). Cette décision entraîne une baisse de son indemnité mensuelle à moins de 3 100 euros brut, soit environ 1 000 euros de moins que son prédécesseur qui percevait 4 100 euros brut par mois.

Malgré cette diminution individuelle, la majorité a décidé d'indemniser l'ensemble de son équipe, comprenant les neuf adjoints, les trois conseillers délégués et douze conseillers municipaux. Cette mesure conduit à une hausse collective du budget alloué aux indemnités.

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Des réactions contrastées dans l'opposition

L'ancien maire Nordine Guendez a immédiatement sorti sa calculette. Il déplore que le budget mensuel total des indemnités passe d'environ 14 000 euros sous sa gouvernance à 17 500 euros désormais, soit « une augmentation globale de plus de 25 % ». Selon ses calculs, cela représente « un surcoût de plus de 300 000 euros sur la durée du mandat pour le budget de la Ville ». Il demande de « revoir la copie sur le montant de ces indemnités » et réclame de « redonner une délégation de contrôle à l'opposition ».

De son côté, Olivier Martinez (droite/extrême droite) cible la baisse d'indemnisation du maire, estimant qu'il s'agit d'une « poudre de perlimpinpin pour laisser croire ou entendre que vous avez fait un effort ».

Un débat houleux au conseil municipal

Les échanges ont été hachés, coupés, ponctués de menaces d'interruption de séance. La première adjointe Cécile Desjambes a défendu les revalorisations : « J'ai travaillé ces revalorisations de manière que tout le monde puisse percevoir une indemnité, du premier jusqu'au dernier. Cela me paraît logique. Quand on veut voir les gens s'investir, il faut les indemniser a minima. »

S'adressant directement à Nordine Guendez, elle a poursuivi : « Ce sont des habitants d'Ambarès que vous traitez comme des parias depuis que nous avons été élus, je suis attristée de votre comportement et [...] vous me décevez. » Malgré huit votes contre, les indemnités ont finalement été adoptées.

Les orientations budgétaires en discussion

Dans une atmosphère un brin plus apaisée, les élus se sont retrouvés ce mercredi soir pour examiner le rapport des orientations budgétaires (ROB). Si la majorité actuelle présente ce document, c'est bien l'ancienne équipe qui a davantage travaillé sur son élaboration.

Olivier Martinez trouve les prévisions de contexte économique « optimistes » et appelle à la vigilance sur « les dépenses et les futurs choix d'investissement de la commune ». Il voit dans ce ROB une « copie de l'ancienne mandature ». Nordine Guendez appuie : « Notre ROB », selon lui l'ancienne majorité « donne les clés de la maison avec une trajectoire globalement saine et maîtrisée ». Il cite notamment une épargne brute reconstituée à 11,8 % en 2025, des investissements soutenus ainsi qu'une dette sécurisée et en baisse.

Un budget jugé insuffisant par le nouveau maire

Face à ces arguments, le nouveau maire David Poulain se montre beaucoup moins satisfait. Il désigne un budget qui « ne donne pas de marge de manœuvre » et observe « un effet ciseaux » entre les derniers niveaux de dépenses et de recettes.

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« Pour des questions de forme, on a repris le budget de la majorité précédente car on ne peut pas rattraper en dix jours une année de travail », explique l'édile, selon qui « il y aura des modifications à terme, des arbitrages ». Le maire regrette notamment peu d'éléments « sur les infrastructures », « rien » sur les équipements sportifs, les travaux d'urgence de l'église ou sur la voirie.

« C'est un budget qui a été réalisé grosso modo pour continuer comme avant, en vendant quelques terrains afin d'augmenter la population, explique David Poulain. Là-dessus, nous allons changer de cap. On veut créer un groupe de travail qui procédera à une analyse interne. » La commission des finances, incluant l'opposition, sera invitée à participer à ce groupe de travail.