Strasbourg : une alliance inédite pour la gouvernance de l'Eurométropole
La nouvelle maire socialiste de Strasbourg, Catherine Trautmann, a officialisé jeudi un accord de gouvernance avec des élus de droite, marquant un tournant politique dans la gestion de l'Eurométropole. Cette coalition vise à assurer une majorité stable pour les décisions à venir, dans un contexte de collaboration renforcée entre les différentes sensibilités politiques.
Une majorité solide pour une métropole de 517 000 habitants
« Nous avons fait le choix ensemble de conclure un accord qui nous offre le confort d'une majorité solide », a déclaré Catherine Trautmann lors d'une conférence de presse. Elle était accompagnée de deux élus Les Républicains (LR), Thibaud Philipps et Catherine Graef-Eckert, qui occuperont les postes de premiers vice-présidents de cette collectivité stratégique.
Thibaud Philipps, également maire d'Illkirch-Graffenstaden et vice-président de la région Grand Est, sera responsable des questions d'urbanisme. Catherine Graef-Eckert, maire de Lingolsheim et élue à la Collectivité européenne d'Alsace, prendra en charge le rayonnement international et le plan de circulation. Cette répartition des rôles souligne la volonté de tirer parti des compétences de chacun pour une gestion efficace.
Une démarche transpartisane pour dépolitiser les débats
Catherine Trautmann, sans confirmer explicitement son intention de cumuler la mairie et la présidence de l'Eurométropole, a exprimé son souhait de superviser personnellement les transports publics. Les trois élus partagent une histoire commune, ayant collaboré par le passé pour s'opposer à la majorité écologiste précédente, notamment en bloquant un projet d'extension du tramway vers le nord de la métropole.
« Nous venons d'horizons différents, c'est peu de le dire », a reconnu Trautmann. « Nous avons des sensibilités distinctes, mais nous bénéficions d'une habitude ancienne : travailler ensemble. » Elle a salué cette approche « transpartisane », visant à associer chaque commune aux prises de décision. Catherine Graef-Eckert a, quant à elle, mis en avant « la volonté de dépolitiser les débats », insistant sur l'importance d'une gouvernance pragmatique.
Élection formelle et perspectives historiques
L'élection formelle de cette nouvelle équipe est prévue vendredi, lors du premier conseil de l'Eurométropole de Strasbourg pour ce mandat. Si Catherine Trautmann cumule effectivement les deux fonctions, elle renouera avec une pratique abandonnée depuis son départ de l'hôtel de ville en 2001. Depuis cette date, la mairie de Strasbourg et la présidence de l'intercommunalité étaient occupées par deux personnes distinctes, bien qu'alliées politiquement.
L'Eurométropole de Strasbourg, composée de 33 communes, dispose d'un budget conséquent de 1,33 milliard d'euros, dépassant largement celui de la ville de Strasbourg elle-même, qui représente 56 % de sa population. Cette alliance politique pourrait ainsi influencer significativement les politiques urbaines et régionales dans les années à venir, avec un accent sur la coopération et l'efficacité administrative.



