Sivom Moyen-Rhôny : la menace de rupture plane sur la gestion de l'eau
Sivom Moyen-Rhôny menacé d'explosion par les tensions politiques

Sivom Moyen-Rhôny : la menace d'une rupture institutionnelle

Le renouvellement du conseil syndical du Sivom Moyen-Rhôny, structure intercommunale regroupant Vergèze, Codognan et Mus pour la gestion du service des eaux, a tourné à la confrontation politique jeudi 16 avril en mairie de Codognan. Les délégués vergèzois, non contents de n'obtenir que la troisième vice-présidence, menacent désormais ouvertement de faire exploser cette coopération historique.

Des tensions anciennes qui resurgissent

Les racines du conflit remontent à six ans, lorsque Vergèze, village le plus important démographiquement avec ses 6 000 habitants, avait brigué la présidence du Sivom. Celle-ci lui avait échappé au profit d'Alain Soubeiran, adjoint à Codognan. Depuis, des divergences stratégiques persistent, notamment concernant les priorités d'investissement. Les Vergèzois privilégient la réparation des fuites du réseau, tandis que d'autres projets, comme la construction de l'usine de décarbonatation, ont été privilégiés.

Un vote qui cristallise les désaccords

Lors de l'appel à candidatures pour la présidence, Frédéric Monnier-Gilles, représentante de Vergèze, n'a recueilli que cinq voix, exclusivement celles de ses collègues vergèzois. Alain Soubeiran, président sortant, a quant à lui obtenu les quatre voix codognanaises et le soutien des trois représentants de Mus, lui assurant ainsi sa réélection. Cette répartition des votes a immédiatement suscité des réactions vives.

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Frédéric Monnier-Gilles avait prévenu avant le scrutin : "La gouvernance doit revenir à la réalité du territoire. Il y a depuis six ans une rupture d'équilibre due à un contexte politique local. Le recours à l'emprunt pèse lourd sur l'avenir et nos réseaux nécessitent une attention particulière, pendant que la facture des habitants augmente." L'élue a également dénoncé une gestion "opaque et douteuse" et le non-respect de la clé de répartition financière.

La menace de départ brandie

Le résultat du vote a poussé Fabien Gavanon, délégué vergèzois, à interpeller directement Pascale Fortunat-Deschamps, également membre du Sivom : "Mme le maire, je vous demande que Vergèze quitte le Sivom !" Cette proposition radicale est intervenue malgré les arguments d'Alain Soubeiran, qui a contesté cette analyse en s'appuyant sur des faits concrets.

La nouvelle équipe dirigeante

Le bureau du Sivom Moyen-Rhôny se compose désormais comme suit :

  • Président : Alain Soubeiran (Codognan)
  • Premier vice-président : Jean-Louis Blanc (Mus)
  • Deuxième vice-président : Philippe Carrière (Codognan)
  • Troisième vice-présidente : Frédéric Monnier-Gilles (Vergèze)

Les membres du conseil syndical sont :

  • Pour Codognan : Florence Nisole et Frédéric Benoit
  • Pour Mus : Patrick Auger et Guillaume Alcaraz
  • Pour Vergèze : Pascale Fortunat-Deschamps, Vincent Coste, Sylvain Gaillard et Fabien Gavanon

Cette répartition, qui ne reflète pas selon les Vergèzois le poids démographique et financier de leur commune, alimente les tensions. Jean-Louis Blanc, nouveau maire de Mus, avait pourtant souhaité en début de séance "que notre action soit faite dans l'intérêt de nos villages, dans un esprit de coopération". Un vœu pieux face à la montée des antagonismes.

L'avenir du Sivom Moyen-Rhôny, structure essentielle pour la gestion de l'eau des trois villages, apparaît plus incertain que jamais. La menace de départ de Vergèze, principale contributrice financière, pourrait remettre en cause l'existence même de cette coopération intercommunale, avec des conséquences directes sur la qualité du service et les factures des usagers.

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