Orthez : la sécurité au cœur des débats municipaux avec des approches divergentes
Sécurité à Orthez : caméras, policiers et débats en campagne

La sécurité, un sujet central dans la campagne municipale d'Orthez

Si les statistiques officielles ne montrent pas d'explosion spectaculaire de la délinquance à Orthez, à l'exception notable des violences intrafamiliales, la question de la sécurité s'est imposée avec force dans le débat public local. « L'attractivité du centre-ville passe aussi par sa sécurité », affirme Jeanne-Lamazère-Destugue, adjointe municipale, soulignant ainsi l'importance de ce thème pour l'avenir de la commune.

Des propositions contrastées entre vidéosurveillance et renforcement humain

Contrairement au maire sortant Emmanuel Hanon, Jeanne-Lamazère-Destugue prévoit d'installer des caméras de vidéosurveillance dans l'hypercentre, en coordination étroite avec la gendarmerie. Cependant, elle n'envisage pas d'augmenter le nombre ou les missions des policiers municipaux.

De son côté, le candidat du Rassemblement National, Nicolas Cresson, fait de la sécurité sa priorité absolue. Il propose de doubler les effectifs de la police municipale et de les équiper d'armes létales pour assurer des patrouilles renforcées en soirée, la nuit et le week-end aux points sensibles. Son projet inclut également l'installation de 25 caméras reliées à un centre de supervision urbain.

Benjamin Moutet a, quant à lui, étudié un projet similaire avec la gendarmerie et envisage le déploiement d'une quinzaine de caméras. Les missions de la police municipale pourraient évoluer selon les recommandations des forces de l'ordre.

Une opposition ferme à la vidéosurveillance

Enfin, Éric Delteil se déclare farouchement hostile à toute installation de caméras de vidéosurveillance. Il argue que celles-ci « n'empêchent pas les délits », un constat corroboré par les rapports du ministère de l'Intérieur. « Elles ne favorisent que la reconnaissance des délinquants », explique-t-il, ajoutant que, couplées à des logiciels de reconnaissance faciale, elles permettraient un contrôle total des citoyens.

Pour Éric Delteil, les fonds publics devraient plutôt être investis dans la lutte contre la précarité, la prévention sociale et l'amélioration de l'éclairage public, des mesures qu'il estime plus efficaces pour lutter contre l'insécurité.

Ainsi, la campagne municipale à Orthez révèle des clivages profonds sur les moyens à mettre en œuvre pour assurer la sécurité, opposant partisans de la technologie vidéo et défenseurs d'approches plus sociales et préventives.