La rénovation des écoles au cœur des tensions politiques à La Seyne
Le sujet brûlant de la rénovation des écoles, déjà omniprésent durant la campagne électorale, a une nouvelle fois animé les débats lors du conseil municipal de La Seyne tenu samedi. Cette question cruciale pour la sécurité et le bien-être des élèves et du personnel éducatif a provoqué des échanges vifs entre la majorité municipale et l'opposition de gauche.
Un état des lieux alarmant dénoncé par l'opposition
Cédric Turco, élu du groupe Alternative progressiste et lui-même enseignant engagé au sein du collectif Verne - Mabily, a pris la parole pour tirer la sonnette d'alarme. Il a évoqué des situations préoccupantes dans plusieurs établissements scolaires de la commune, notamment des fuites d'eau récurrentes, des défauts d'isolation thermique inquiétants, et des cours de récréation présentant des risques pour la sécurité des enfants.
Le point le plus critique concerne la présence confirmée d'amiante dans les écoles Hugo et Verne, un matériau dangereux interdit en France depuis 1997. « Il est inacceptable, en 2026, de laisser les enfants et les personnels travailler dans des locaux amiantés », a martelé Cédric Turco avec une insistance remarquée.
La réponse cinglante du maire Dorian Munoz
Le maire Dorian Munoz a immédiatement reconnu la gravité de la situation, mais a retourné l'accusation vers l'opposition avec une virulence calculée. « Oui, il est inacceptable d'avoir de tels problèmes dans les écoles en 2026, mais certaines d'entre elles n'ont pas été rénovées depuis vingt ans », a-t-il lancé, pointant du doigt les responsabilités historiques.
L'édile a poursuivi son offensive en interpellant directement les élus de gauche : « Vous qui représentez la gauche, qu'a-t-elle fait durant douze ans ? Si elle avait pris ses responsabilités, la situation ne serait peut-être pas aussi catastrophique et la facture si élevée aujourd'hui ». Cette référence à la période 2008-2020, où la gauche dirigeait la municipalité, a créé une tension palpable dans l'assemblée.
Des projets concrets et des promesses électorales
Face à ces problèmes structurels, Cédric Turco a proposé une solution ambitieuse : la construction d'un nouveau groupe scolaire Verne - Mabily intégrant un restaurant scolaire moderne. Il a également plaidé pour une expertise complète de tous les établissements afin de résoudre définitivement les problèmes liés aux fortes chaleurs estivales et à la présence d'amiante.
Concernant spécifiquement la lutte contre les canicules, le maire a annoncé que les services municipaux préparent activement un plan d'action structuré en plusieurs paliers, qui devrait être présenté et mis en œuvre avant l'été prochain. Cette annonce concrète a été accueillie avec un certain scepticisme par l'opposition.
La reconstruction de l'école Jules-Verne, un symbole politique
Le dossier de la reconstruction de l'école Jules-Verne, suspendue par la précédente municipalité, cristallise particulièrement les tensions. Dorian Munoz l'a inscrite comme priorité dans son programme électoral, promettant de relancer ce projet emblématique pour le centre-ville.
Les élus d'Alternative progressiste ont tenu à rappeler en fin de séance qu'ils dénoncent « l'état déplorable des écoles depuis près de vingt ans, y compris sous les mandatures de gauche », reconnaissant ainsi une certaine responsabilité historique. Ils ont néanmoins conclu sur une note dubitative : « Maintenant qu'il est aux manettes de la Ville, on attend de voir si la promesse sera tenue », mettant ainsi le maire face à ses engagements.
Ce débat municipal révèle ainsi les difficultés persistantes de la rénovation du patrimoine scolaire à La Seyne, où les considérations politiques semblent parfois primer sur l'urgence éducative et sécuritaire. La question reste entière : qui paiera finalement la facture de vingt ans de négligence accumulée ?



