Orthez : la rémunération des élus municipaux crée la polémique entre majorité et opposition
Orthez : polémique sur les indemnités des élus municipaux

Orthez : un nouveau barème d'indemnités municipales divise le conseil

Le premier conseil municipal suivant l'installation du nouveau maire Benjamin Moutet, tenu ce mercredi 8 avril à Orthez, a principalement été consacré à l'élection des membres des commissions et des délégués auprès des divers organismes publics associés à la commune. Cependant, c'est lors de l'adoption du montant des indemnités allouées aux élus que les tensions sont apparues, révélant un clivage net entre la majorité municipale et l'opposition.

Une redistribution contestée des indemnités

Le maire Benjamin Moutet a tenu à expliquer la logique ayant présidé au calcul de la distribution de l'enveloppe globale mensuelle, qui reste stable à 11 612,52 euros. « Jusqu'alors, ce qui se faisait c'était une rémunération du maire à 1 850 euros, des adjoints à 550 euros, et des délégués un peu moins bien payés », a-t-il rappelé. « On a voulu changer ça, et mieux rémunérer ceux qui n'étaient pas en première ligne, parce qu'ils sont chacun chargé d'un chantier à porter pendant le mandat. »

Ainsi, les neuf adjoints - le maximum autorisé - ainsi que trois délégués percevront désormais 493,26 euros chacun. Benjamin Moutet a qualifié cette mesure de « meilleure répartition », notant que sa propre indemnité diminuait de 200 euros pour s'établir à 1 652 euros mensuels. Par ailleurs, la maire déléguée de Sainte-Suzanne recevra 781 euros, et chacun de ses quatre adjoints 164,42 euros.

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L'opposition dénonce une inégalité de traitement

La question de la rémunération des conseillers municipaux sans délégation particulière a immédiatement suscité les critiques de l'opposition. L'élu du Rassemblement national, Nicolas Cresson, a exprimé son désaccord : « Je trouve un peu spéciale cette différence qui est faite entre les conseillers municipaux de la majorité et de l'opposition ». En effet, les quatorze conseillers de la majorité bénéficieront d'une indemnité de 164,42 euros, tandis que les six élus de l'opposition ne recevront que 50,14 euros.

« Cela veut dire qu'à mandat égal, sans délégation particulière, un conseiller de la majorité touche trois fois plus qu'un conseiller d'opposition », a-t-il souligné. Le maire a répliqué en justifiant cette différence par le travail supplémentaire fourni par la majorité : « Il n'y a pas d'équivalence, je pense, entre le travail fourni par la majorité, qui se réunit trois fois par semaine, avec en plus ses propres commissions à animer, aller chercher des prestations extérieures, etc. Ce travail mérite rémunération ».

Des réactions vives et un débat animé

Jeanne Lamazère, ancienne adjointe du maire sortant Emmanuel Hanon et candidate battue aux élections, a soutenu les propos de Nicolas Cresson : « Vous dites que vous voulez aussi travailler en collaboration avec l'opposition. Pour autant, cette différence est en contradiction avec ce discours-là ». Son colistier, Jean-Michel Bergès, a poursuivi en critiquant le « message politique » véhiculé par cette décision : « La différenciation indemnitaire que vous proposez aujourd'hui contredit l'élan de rassemblement que vous portiez dans votre discours d'investiture. »

Face à ces accusations, Benjamin Moutet est resté ferme. Il a clôturé le débat en affirmant : « Je ne vois vraiment pas ce qui choque. Vous dénigrer, ça aurait été de supprimer vos indemnités pour nous les redistribuer. Et au niveau du message envoyé aux Orthéziens, dire que le maire baisse sa rémunération de 200 euros pour la distribuer à des conseillers municipaux qui vont bosser sur le projet pour lequel ils ont voté, je ne vois pas le mal. » La prochaine réunion du conseil municipal est prévue pour le mercredi 27 mai, laissant présager d'autres échanges animés sur la gouvernance locale.

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