À Nîmes, 700 habitants interpellent la mairie sur les nuisances et la propreté
Nîmes : 700 habitants interpellent la mairie

Épiceries de nuit, poubelles, végétalisation… Au Palais des congrès, près de 700 Nîmois adressent leurs doléances à l’équipe de Vincent Bouget

L’équipe municipale de Vincent Bouget donne la parole aux Nîmois. Plus de 700 habitants ont débattu de la vie du centre-ville, ravis de prendre la parole mais aussi impatients de voir certains problèmes réglés.

« Le principe est simple, on se dit tout », a expliqué Vincent Bouget en introduction au rendez-vous Bonjour Nîmes, proposé ce mardi soir au palais des congrès pour les habitants du centre-ville. « Tout le monde n’a pas voté pour nous, d’ailleurs tout le monde n’a pas voté, mais on a besoin de continuer à se parler », a poursuivi le maire, aux côtés de Marianne Bernède, présidente du conseil de quartier du centre-ville.

Les Nîmois étaient au rendez-vous : en plus des 500 chaises installées, près de 200 personnes se tenaient debout, et beaucoup n’ont pas pu entrer. « C’est très impressionnant », s’est félicité le maire, qui est allé parler aux Nîmois restés à la porte. « On va leur reproposer une date », a-t-il expliqué, tandis que certains plaisantaient : « Aux arènes ! »

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Toutes les épiceries de nuit doivent être fermées

Après la projection d’un film, le débat mené par Maya Amer Moussa, adjointe aux Places communes et à la Vie de quartier, s’est engagé à bâtons rompus. Dès le départ, la question des épiceries de nuit a été abordée par une habitante de Montaury, applaudie par les participants. « J’habite en face d’une épicerie de nuit, depuis qu’elle s’est installée, le quartier a complètement changé », a-t-elle regretté, évoquant le non-respect des horaires d’ouverture.

Un habitant de la rue Vincent-Faïta a enchaîné : « Ils vendent des ballons, des bonbonnes de protoxyde d’azote, des tonnes de cigarettes. Toutes les épiceries de nuit doivent être fermées. Pas à 22 heures. Elles doivent fermer. » Des habitants du quartier Montcalm République se sont plaints des mêmes nuisances : « On trouve même des bonbonnes sur le parvis de l’école. »

Propreté et déchets : un ras-le-bol général

L’autre sujet récurrent a été la propreté. Même des enfants interrogés en ont convenu : « trop de déchets, de crottes de chien, de cigarettes par terre, de bouteilles d’alcool ». « Dans la rue du Louvre, on sert de toilettes », s’est plainte une dame qui ramasse régulièrement canettes et bouteilles cassées sur le square de la Couronne.

Au-delà des incivilités, le problème de la collecte des ordures et des poubelles abandonnées sur les trottoirs exaspère les riverains. « Il y a un élevage de rats sur le Victor-Hugo, ils sont très bien alimentés par les poubelles », a ironisé un habitant de la place du Marché. « Pourquoi les gens jettent leurs poubelles ? Dans tous les immeubles, il n’y a pas de conteneurs. Avant, il y avait des ramassages quotidiens. C’est compliqué de garder plusieurs jours sa poubelle sur son balcon », a regretté une habitante de la rue Traversière.

Transports, commerces, écoles, sécurité… les attentes sont nombreuses

En une heure et demie, les sujets se sont enchaînés. Les transports ? « Un zéro pointé. Le soir, à 9 heures, il n’y a plus de bus. Pendant les vacances scolaires, il faut attendre des heures. » Les commerçants ? « Je me bats pour essayer d’avoir une légitimité auprès de la mairie. On est les derniers avertis de ce qui se passe en ville », a pointé un président d’association. Les écoles ? « J’ai deux filles à l’école Charles-Martel, cette semaine, les classes étaient à plus de 30° et les instits n’ouvrent pas les fenêtres la nuit. » La sécurité routière ? « La rue Cité-Foulc est une autoroute », même constat rue Général-Perrier.

Certains parents s’interrogent aussi sur l’avenir du conservatoire, beaucoup se plaignent de l’état des trottoirs, du manque d’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite… Le bruit des cafés et de la feria divise. « J’espère vous inviter à la prochaine feria », a plaisanté une riveraine de la Maison Carrée. D’autres ont fait le choix du centre-ville en sachant que « c’est sonore, bruyant » et pointent le risque d’un centre-ville « qui sera mort » si les règles sont trop strictes.

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La nécessaire végétalisation et l’adaptation au réchauffement

La végétalisation et l’adaptation au réchauffement sont revenues souvent. « C’est un point important de notre programme, un travail de longue haleine », a reconnu Marianne Bernède. Pour Vincent Bouget, l’idée n’est pas de sortir une baguette magique. La question des épiceries de nuit et du protoxyde relève aussi du préfet. Sur la question des ordures et de la propreté, une expérimentation est en cours à Gambetta.

Vincent Bouget a noté la volonté « d’un espace public apaisé, partagé et végétalisé » dans un centre-ville où s’additionnent et se croisent les problématiques. « Le centre-ville, c’est tout à la fois un lieu de résidence, de rassemblement, un lieu touristique, un lieu où il doit y avoir des services publics. La question est de savoir où on met les curseurs. Je tiens à ce qu’il y ait toujours des gens qui habitent en centre-ville, je ne veux pas d’un centre transformé en Airbnb où l’activité touristique préempte tout et où les monuments ne sont que des cartes postales. Il faut trouver les seuils de tolérance », a-t-il expliqué, souhaitant « inventer une ville modèle où on va supporter les grandes chaleurs ».