Dans une conférence de presse de rentrée, Kléber Mesquida a défendu les choix budgétaires du conseil départemental de l’Hérault en faveur des collèges, des aides à la personne ou de la viticulture. Selon lui, les difficultés soulignées par la Chambre régionale des comptes proviennent de décisions imputables à l’État central.
Une réaction irritée mais sereine
“Ça m’agace. Je vais écrire au président de la Cour des comptes, Pierre Moscovici.” Confronté aux difficultés budgétaires du Département soulignées ce lundi par la chambre régionale des comptes, Kléber Mesquida s’est montré irrité mais serein ce mercredi pour commenter ce rapport. “On ne voit pas où gratter”, a-t-il lancé.
Des économies déjà réalisées
L’analyse des magistrats financiers lui demande de réduire certaines dépenses d’investissement et de stabiliser l’endettement de la collectivité. “La masse salariale, on l’a réduite de 10 %. On a raboté l’aide aux communes. On ne voit pas aujourd’hui où on pourra encore gratter”, observe-t-il. Dans son entourage, on regrette notamment que le rapport ne soit pas davantage accompagné de préconisations claires et précises.
Des dépenses contraintes par la démographie
“Ils regardent les chiffres, ils ne comprennent pas pourquoi on en est arrivé là”, poursuit le patron du Département qui rappelle l’évolution démographique de l’Hérault, le reste à charge de l’État après le transfert des compétences liées au RSA, à l’APA, l’importance des dépenses sur les trois allocations à la personne. “Sur 2025 ce sont 261 M€ non compensés”, rappelle-t-il, en évoquant également la diminution des dotations liées au fonds de compensation de la TVA. “L’Hérault est le département où le versement des trois allocations (APA, RSA, Prestation handicap) est le plus élevé de France par habitant”, précise Pascal Perrissin Fabert, son directeur général des services.
La politique défendue
Sur le fond, Kléber Mesquida défend la politique qu’il conduit avec sa majorité. “On a été obligé de construire trois nouveaux collèges. C’est 110 M€ d’investissement et 3 M€ d’aides de l’État. On a annulé parallèlement toutes les extensions des collèges… C’est un sujet très délicat.”
Soutien à la viticulture et à l’irrigation
Il revendique également son appui à la viticulture, à l’irrigation des terres cultivées, à la conchyliculture. Et la création du Pesu, le pôle de préparation à l’engagement aux secours d’urgence, construit à Gignac pour la formation des sapeurs-pompiers professionnels et volontaires. “À ce jour nous en sommes à 600 000 € de recettes, on aura couvert nos frais de fonctionnement”, estime celui qui est aussi le président du Service d’incendie et de secours.
Vers un budget 2026 sous tension
“En 2025, on a emprunté de manière réfléchie et responsable. On essaie d’être vertueux”, insiste Kléber Mesquida qui reconnaît cependant une difficulté importante pour bâtir le budget de 2026, une frilosité nouvelle des banques à prêter. “On cherche 53 M€ pour le préparer. On essaie de faire en sorte que ça se passe du mieux possible.” Sans nouvelles mesures d’économies annoncées donc mais également sans véritable crainte d’une prochaine mise “sous contrôle” des services de l’État.



