Manifestation d'extrême droite interdite à Paris : le Comité du 9-Mai dépose un recours
Manifestation d'extrême droite interdite à Paris : recours déposé

Le Comité du 9-Mai (C9M), un groupuscule d'extrême droite radicale, prévoyait d'organiser un défilé à Paris ce week-end en hommage à Quentin Deranque, un militant identitaire décédé en février 2026. La préfecture de police a interdit cette manifestation, mais le C9M a déposé un recours devant le tribunal administratif, espérant une annulation comme en 2024 et 2025.

Interdiction préfectorale motivée

Dans un arrêté de quatre pages, le préfet de police Patrice Faure a justifié l'interdiction en rappelant les antécédents du groupe. Lors de la marche du 10 mai 2025, plusieurs participants avaient dissimulé leur visage sans motif légitime, malgré les engagements des organisateurs. Ce délit, prévu à l'article 431-9-1 du Code pénal, expose à un risque de récidive. De plus, des militants avaient été interpellés pour avoir effectué des saluts nazis et arboré des symboles néonazis, dont un tambour blanc aux flammes rouges similaire à celui des Jeunesses hitlériennes.

Contexte politique tendu

La préfecture évoque également un contexte politique tendu après la mort de Quentin Deranque, lynché le 16 février 2026 à Lyon lors d'une rixe avec des antifascistes. Cet événement a suscité de vives réactions dans les milieux d'extrême droite européens. La manifestation du 9 mai devait réunir des militants ultranationalistes radicaux venus de plusieurs pays, dont la Hongrie, l'Allemagne, l'Autriche, l'Espagne et l'Italie.

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Contre-manifestation également interdite

Un cortège antifasciste et un "village contre l'extrême droite" prévus les 8 et 9 mai place du Panthéon ont aussi été interdits. La préfecture craint des affrontements entre groupes antagonistes, comme ceux survenus à Nantes en décembre 2025, à Rennes en janvier et à Toulouse en mars 2026.

Recours en justice

Le C9M a annoncé sur X avoir déposé un recours devant le tribunal administratif de Paris pour faire annuler cette "décision scandaleuse". Le groupuscule invoque la liberté de manifestation, un argument qui avait conduit le juge des référés à suspendre l'interdiction en 2024 et 2025. Cependant, en 2025, le tribunal avait validé l'interdiction de la contre-manifestation antifasciste en raison du risque de heurts.

Le C9M, un groupe en pleine visibilité

Créé en 1994 après la mort de Sébastien Deyzieu, militant de l'Œuvre française, le Comité du 9-Mai rassemble chaque année des milliers de militants d'extrême droite radicale. Cette année, le groupe a actualisé son slogan en "Quentin présent" et prévoit de rendre hommage à Quentin Deranque. Le C9M gagne en visibilité sur les réseaux sociaux, avec un site internet lancé en avril et la vente d'accessoires (t-shirts, cache-cou, autocollants). Malgré une stratégie de normalisation, le groupe affiche ouvertement ses idées néonazies, arborant un drapeau noir à croix celtique et reprenant le slogan "Europe, jeunesse, révolution" du GUD. Selon Mediapart, la militante ayant déposé la demande d'autorisation, Joséphine de La Chapelle, aurait demandé à ses invités de mariage d'offrir un tableau attribué à Adolf Hitler.

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