Le nouveau Conseil communautaire de l'île de Ré, réuni le jeudi 30 avril à Saint-Martin-de-Ré, a adopté une baisse de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM). Celle-ci passe de 12,9 % à 11,9 %, soit une diminution d'un point. Cette décision marque le début de l'ère Héraudeau, le nouveau président, et s'inscrit dans un budget de continuité pour 2026.
Un consensus de façade
L'an dernier, le maintien du taux de la TEOM avait suscité un débat animé, Jean-Paul Héraudeau plaidant déjà pour une baisse. Cette année, la délibération, qui doit rapporter 6,5 millions d'euros à la Communauté de communes (CdC), a fait consensus. Si Lionel Quillet, l'ancien président, était resté aux commandes, il aurait proposé une baisse de 0,7 %. La question de la durabilité de cette situation se pose, alors que le gouvernement prévoit une augmentation de la taxe générale sur les activités polluantes et que le coût du traitement des déchets va augmenter. « Il y aura peut-être à innover et à trouver des solutions », prévient Jean-Paul Héraudeau, qui n'exclut pas de revenir en arrière si nécessaire.
Fiscalité locale inchangée
Pour les autres taux de fiscalité locale, rien ne change en 2026 : 11,06 % pour la taxe d'habitation sur les résidences secondaires, 5,95 % pour la taxe foncière sur les propriétés bâties, 17,44 % pour la taxe foncière sur les propriétés non bâties et 24,96 % pour la cotisation foncière des entreprises. Ces prélèvements doivent rapporter 11,2 millions d'euros à l'intercommunalité.
Un budget de transition
Le niveau d'investissement reste sensiblement le même, à 13,8 millions d'euros, tout comme le budget de fonctionnement, à 32,4 millions d'euros. Le président-maire de La Flotte a souligné qu'en cette année de transition, le choix a été fait de voter un budget de continuité pour ne pas déstabiliser les services. Un virage plus marqué est attendu pour l'année prochaine. D'ici là, la nouvelle équipe n'exclut pas des ajustements en cours de route et compte ouvrir le débat sur les priorités futures en associant les administrés.
L'opposition s'abstient
Le groupe minoritaire, dirigé par Lionel Quillet, s'est abstenu « pour rester constructif ». Pour obtenir son soutien et celui de ses sept camarades, il aurait fallu « des éclaircissements sur les grandes priorités de ce mandat ». Les tensions entre les deux camps restent latentes, malgré un apparent gentlemen's agreement. Le groupe des huit s'est opposé sur une seule délibération : celle fixant le montant des subventions aux associations, y voyant des choix politiques privés d'explications claires.
Les pommes de discorde ne manquent pas et la nouvelle assemblée trouvera rapidement le carburant nécessaire pour alimenter la poudrière.



