Nicolas Isnard lance sa candidature pour la présidence de la métropole Aix-Marseille-Provence
« On peut faire de la politique autrement. » Devant ses collègues, Nicolas Isnard a défendu avec conviction sa vision. Lundi dernier, à Saint-Victoret dans les Bouches-du-Rhône, le maire Les Républicains de Salon-de-Provence a officialisé sa candidature à la présidence de la métropole Aix-Marseille-Provence. L'élection, parfois qualifiée de quatrième tour des municipales, se tient ce mardi. Les 238 élus, représentant 92 communes pour près de deux millions d'habitants, devront désigner le successeur de Martine Vassal (LR). La candidate malheureuse à la mairie de Marseille a annoncé ne pas se représenter après son faible score au second tour.
Un candidat fortement soutenu
Le maire de Salon-de-Provence, réélu dans sa commune au premier tour avec 74,7 % des voix, semble parti pour l'emporter avec le soutien du label « maires de Provence ». Lundi, ils ont accueilli par une standing ovation la prise de parole de leur nouveau champion, défendant une métropole « au service des maires et pas au-dessus des maires ». Objectif affiché : une institution utilisée comme un « outil » pour les communes avec une gouvernance « transpartisane » et « apaisée ».
Une métropole créée dans la douleur
Faut-il y voir un tournant pour cet établissement public de coopération intercommunale (EPCI), créé dans la douleur il y a dix ans en fusionnant six intercommunalités existantes ? « Cette machine a été mal montée, assure Nicolas Isnard. Les mariages forcés dans la vie quotidienne ou dans la vie politique ce n'est jamais très bon. » La métropole centralise de nombreuses compétences : transports en commun, voirie, politique du logement, développement économique, gestion de l'eau ou encore propreté et collecte des déchets, source de conflits éternels entre Benoît Payan, maire DVG de Marseille, et Martine Vassal.
« La métropole est le cœur du pouvoir au sens des politiques publiques, analyse Nicolas Maisetti, politologue et sociologue spécialiste de Marseille. C'est le même débat depuis la création, lorsque tous les maires des communes voisines étaient opposés à cette "Monstropole", de peur que le grand Marseille assèche les ressources. »
La fin des guerres politiques ?
Les querelles politiques fustigées notamment par Emmanuel Macron lors de la présentation de son plan « Marseille en grand », vont-elles enfin disparaître ? « Le temps des oppositions, des chicayas, est terminé. On est tous ensemble et condamnés à réussir », assure Nicolas Isnard, motivé par sa « frustration » et l'envie de « prendre ses responsabilités ». Sans dénigrer le bilan de Martine Vassal et de Jean-Claude Gaudin, président de 2015 à 2018, du même bord politique que lui. « Ils ont fait ce qu'ils ont pu », salue-t-il.
Outre les maires de Provence, il bénéficie du soutien de Sophie Joissains (UDI), maire d'Aix-en-Provence représentant 17 sièges métropolitains, ainsi que celui de Benoît Payan. « Sa voix a compté dans mon choix », souligne Nicolas Isnard. La cité phocéenne représente 101 sièges dans l'hémicycle métropolitain, dont 67 élus du Printemps Marseillais. « Il faut qu'on oublie nos différends, il y a des élections nationales pour ça », appuie Jean-Pascal Gournès, maire de Meyreuil et porte-parole du groupe des maires de Provence à la métropole, regroupant 40 communes. Et d'affirmer : « Nicolas Isnard peut parler autant aux élus communistes de l'ouest de Provence, qu'aux élus de droite du pays d'Aix. »
Un problème de démocratie ?
Si le sociologue Nicolas Maisetti voit dans cette nouvelle présidence la fin de la « guerre ouverte » entre les oppositions marseillaises, il pointe une dérive. « Cela pose un problème de démocratie de vouloir dépolitiser une instance élue par les citoyens, au nom de l'efficacité technique et du consensus », analyse-t-il. Selon lui, ce mode de gouvernance, « ordinaire dans les institutions de l'intercommunalité », place la politique sur le plan du « marchandage », avec des arbitrages qui se décident lors de comités des maires, plus opaques, sans consultation des citoyens.
« Les choix techniques vont viser à ce que chacun soit maître chez lui. Il n'y a pas de choix politiques forts, en matière d'emploi, de transition écologique… », ajoute le spécialiste marseillais.
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