Harcèlement téléphonique : quelles solutions pour bloquer les appels indésirables ?
Harcèlement téléphonique : solutions pour bloquer les appels

Ils vous harcèlent plus qu’un ex bourré à 3 heures du matin. Certains ne répondent même plus au téléphone par peur d’un énième démarchage… Les appels indésirables pour proposer au choix d’utiliser votre compte CPF, réduire votre facture d’électricité ou changer de fournisseur internet sont devenus la hantise de beaucoup. Des solutions existent heureusement pour reprendre le contrôle. 20 Minutes vous propose quelques outils pour calmer le harcèlement.

Bloctel, une solution désuète

Le premier réflexe, celui le plus médiatisé, c’est de se tourner vers Bloctel. Le service gouvernemental gratuit permet de s’inscrire sur une liste d’opposition au démarchage. Sur le papier, les entreprises ont l’interdiction de vous appeler pour une durée de trois ans renouvelable. Sauf que, dans la vraie vie, le bouclier a l’air bien troué. Les témoignages d’usagers exaspérés pullulent même sur le site du gouvernement. « Sur Bloctel, il faut s’inscrire, donner plein de renseignements que l’on ne veut pas donner et attendre 30 jours pour que les démarcheurs intègrent qu’il ne faut pas m’appeler », s’agace un utilisateur en ligne.

Le système de signalement n’est pas non plus très intuitif. Si un démarcheur outrepasse l’interdiction, vous devez remplir un questionnaire fleuve. « À chaque numéro signalé, il y a un questionnaire à réponses obligatoires. Pour y répondre, il faut donner des renseignements précis. Cela implique donc de décrocher, de discuter avec le démarcheur, de noter les informations pour bien remplir le dossier. » S’il permet un premier écrémage, Bloctel semble un peu désuet. Et ce, d’autant plus qu’il ignore les SMS.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Attention à vos données

Bon… et après ? Pour ceux qui veulent du concret, il y a les applications mobiles. La plus célèbre est sans conteste Truecaller. Avec un milliard de téléchargements dans le monde et plus de 68 milliards d’appels spams identifiés, l’appli se targue d’être le leader mondial du blocage. Le principe ? Une base de données communautaire géante. Dès qu’un numéro est signalé par des milliers de gens, il est grillé pour tout le monde.

C’est efficace, certes, mais il y a un revers de la médaille. Dans le même genre qu’AntiSpam ou Prefixe Bloqueur, ces applications gratuites sont souvent gourmandes en données personnelles. Pour fonctionner, elles demandent parfois l’accès à votre répertoire complet. En échange de la paix, vous offrez parfois vos métadonnées ou celles de vos contacts sur un plateau d’argent.

Saracroche, la petite application qui monte

C’est là qu’intervient une petite application qui monte, avec un accent du sud-ouest : Saracroche. À l’origine de ce projet, Camille Bouvat, un Toulousain de 38 ans, développeur freelance depuis plus de quinze ans. Et son succès n’était absolument pas prévu au programme. « J’utilisais d’autres applications avant, comme Orange Téléphone, qui était gratuite avant de devenir payante pour le blocage. Et les autres étaient souvent des aspirateurs à vie privée. J’ai fait cette appli pour qu’elle soit à contre-courant de tout ça », explique-t-il à 20 Minutes.

Camille voulait un outil gratuit, en open source (dont le code est public et vérifiable) et surtout sans aucune collecte de données. Un projet lancé « sans prétention » pour ses proches, qui a fini par exploser. Aujourd’hui, Saracroche affiche 927 000 téléchargements.

Comment ça marche, concrètement ?

Comme pour TrueCaller, Antispam et autres, l’application fait au plus simple. Sur Android, vous l’activez comme bloqueur par défaut. Sur iPhone, le fonctionnement diffère légèrement : l’appli doit enregistrer les listes de numéros directement dans les réglages du téléphone. Mais le résultat est le même. « Dès que vous recevez un appel indésirable, l’application raccroche. Le démarcheur tombe directement sur votre répondeur, comme si vous aviez appuyé sur le bouton “raccrocher” », détaille Camille Bouvat. 20 Minutes a testé et confirme : ça marche.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Pour identifier les indésirables, le développeur utilise une base massive de 15 millions de numéros, enregistrés en premier lieu grâce aux préfixes officiels. L’Arcep (le gendarme des télécoms) a défini 17 préfixes spécifiques réservés au démarchage (les 09 48, 01 62, etc.). Soit 12,5 millions de numéros. Ensuite, Saracroche récupère les données publiques de l’État pour classer les numéros par opérateur. « Je peux savoir quel opérateur émet le plus de spams. Ça permet de rajouter 2,5 millions de numéros complémentaires via les signalements », ajoute son créateur.

Une nouvelle fonctionnalité permet également de noter les numéros et donner une probabilité de spam, évitant ainsi de bloquer des appels légitimes. Car le blocage a ses limites : « Amazon utilise des numéros en 01 87 pour ses livreurs. Beaucoup de gens ont pensé que c’était du spam alors que c’était juste le mec avec leur colis au bout de la rue ! » rigole le développeur.