Mobilisation nationale au Portugal contre la réforme du Code du travail
Le gouvernement minoritaire de droite du Portugal est confronté à une vaste mobilisation nationale ce vendredi, avec des perturbations importantes dans les écoles, les hôpitaux et divers services publics. Cette grève des fonctionnaires, organisée par la principale confédération syndicale du pays, la CGTP proche du Parti communiste, vise à protester contre le projet de réforme du Code du travail défendu par l'exécutif.
Une journée de protestation intense
La journée de mobilisation sera marquée par une manifestation prévue dans l'après-midi au centre de Lisbonne, sous le slogan « À bas la réforme du travail ». Cette action syndicale intervient dans un contexte de tensions persistantes entre le gouvernement du Premier ministre Luis Montenegro et les organisations représentant les travailleurs.
Depuis plusieurs mois, l'exécutif tente de négocier le soutien de l'autre confédération syndicale, l'UGT, historiquement plus modérée, mais ces efforts sont restés vains jusqu'à présent. « Nous sommes encore loin d'un accord », a déclaré jeudi soir le responsable de l'UGT, Mario Mourao, à l'issue d'une réunion entre la ministre du Travail et les partenaires sociaux.
Les mesures controversées de la réforme
Le dirigeant de la CGTP, Tiago Oliveira, a souligné que malgré quelques amendements, « les mesures phares que le gouvernement avait inscrites au projet initial sont toutes toujours là ». Il estime que cette réforme provoquerait « une dégradation des conditions de vie de ceux qui travaillent ».
En juillet dernier, le Premier ministre avait dévoilé un avant-projet comprenant une centaine de mesures, visant notamment à :
- Simplifier les procédures de licenciement
- Accorder plus de flexibilité aux entreprises pour organiser le temps de travail
- Élargir le service minimum en cas de grève
Un contexte politique tendu
Si les discussions n'aboutissent pas « dans les prochains jours », la ministre Maria do Rosario Palma Ramalho a réaffirmé l'intention du gouvernement de soumettre son projet au Parlement. Or, l'exécutif ne dispose pas de majorité absolue et devra donc tenter d'obtenir le soutien soit de l'opposition socialiste, soit du parti d'extrême droite Chega, qui se sont déjà montrés très critiques du projet.
Pour s'opposer à cette réforme, les deux confédérations syndicales avaient organisé ensemble une grève générale en décembre, une première en douze ans, démontrant l'ampleur de la contestation sociale face aux propositions gouvernementales.



