Olivier Grima défend sa candidature à la présidence de l'Agglo d'Agen face à Laurent Bruneau
Grima candidat à l'Agglo d'Agen : sa vision face à Bruneau

Olivier Grima se lance dans la bataille pour la présidence de l'Agglomération d'Agen

Le jeudi 9 avril marquera l'installation du nouveau Conseil communautaire de l'Agglo d'Agen, un événement politique local qui suscite déjà des tensions. Olivier Grima, élu à Castelculier, a officiellement annoncé sa candidature à la présidence, se positionnant ainsi en rival direct du nouveau maire d'Agen Laurent Bruneau et de Michaël Fargue (UDR 47). Dans un entretien exclusif, il détaille les raisons de son engagement et expose sa vision pour le territoire.

Un engagement renouvelé malgré un retrait de la mairie

Olivier Grima a récemment quitté ses fonctions de maire de Castelculier, une décision motivée par le souhait de se consacrer davantage à sa vie personnelle. Pourtant, le voilà qui se porte candidat à la tête de l'Agglomération. « Je suis élu depuis 2001 et j'ai accompli deux mandats de maire. Après ce travail accompli, j'ai estimé être en mesure de passer le relais, notamment à Marie-Pierre Battistuzzi, qui a été légitimement choisie par les électeurs », explique-t-il. Cependant, son implication au sein de l'Agglo, où il occupe le poste de vice-président chargé de l'économie depuis deux mandats, n'a jamais faibli.

L'élément déclencheur de sa candidature ? « J'ai observé, au soir de l'élection de Laurent Bruneau à Agen, un projet radicalement différent de celui porté par l'Agglomération jusqu'alors, et de ce que moi, je souhaite pour notre territoire. À ce moment, j'ai dépassé les considérations personnelles pour privilégier l'intérêt général », affirme-t-il avec conviction. Il précise même que, s'il est élu, il mettra entre parenthèses sa carrière professionnelle de cadre chez Upsa pour se dédier exclusivement à ce mandat, « car la charge de travail est tout simplement trop lourde pour faire autrement ».

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Un projet structuré autour de deux axes majeurs

La vision d'Olivier Grima pour l'Agglo d'Agen repose sur deux piliers fondamentaux. Premier axe : l'attractivité économique. « Nous devons continuer à développer des espaces pour accueillir des entreprises, car c'est ce qui générera des emplois pour nos familles », insiste-t-il. Il évoque également la nécessité de préparer l'arrivée des EPR à Golfech et, surtout, la LGV dont la réalisation est désormais « indéniable ». « Il faut avoir une voix suffisamment forte pour obtenir des arrêts en gare de Brax. Je crains que la candidature de Laurent Bruneau, qui s'est autrefois opposé à ce projet, ne soit pas assez crédible pour défendre cette demande en conseil de surveillance », souligne-t-il.

Deuxième axe : le soutien aux communes. « L'Agglomération est le premier financeur des projets communaux, notamment via le fonds de solidarité territoriale que je souhaite maintenir, voire amplifier. Aujourd'hui, le Département s'est quasiment effacé en matière d'accompagnement des communes », déplore-t-il. Il promet d'agir « de manière transpartisane et dans l'intérêt général », une approche qu'il juge essentielle pour une gouvernance efficace.

Des doutes sur la crédibilité et la stabilité de l'adversaire

Interrogé sur l'évolution de Laurent Bruneau, qui lui a proposé la première vice-présidence, Olivier Grima exprime des réserves. « J'ai une grande difficulté : je ne sais pas où il se situe sur le plan des convictions. Quelles sont ses positions sur les sujets que nous venons d'évoquer ? Il y a quelques semaines, il ne se disait pas candidat à la présidence de l'Agglo. Maintenant, il l'est. S'y est-il préparé ? A-t-il une vision claire pour ce territoire ? », questionne-t-il.

La composition politique de l'équipe de Laurent Bruneau, qui rassemble LFistes, écologistes et socialistes, suscite également des interrogations. « C'est assez rare qu'ils trouvent un accord pour travailler ensemble, et tant mieux si cela fonctionne. Mais au niveau de l'Agglo, leurs orientations politiques sont très divergentes. Certains étaient par exemple contre la réalisation du TAG. Quels sont les gages d'une administration stable dans ce contexte ? », s'interroge Olivier Grima.

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Un modèle de gouvernance moderne et mutualisé

Contestant l'idée selon laquelle il serait « naturel » que le maire d'Agen préside également l'Agglomération, Olivier Grima défend un modèle alternatif. « Non seulement ce n'est pas naturel, mais ce n'est pas logique. De nombreuses agglomérations fonctionnent avec un président issu des communes moyennes, permettant au maire d'une grande ville de se concentrer sur sa gestion. C'est un modèle moderne, car peu de personnes peuvent assumer les deux charges simultanément », argumente-t-il.

Il reconnaît néanmoins que la mutualisation de l'administration entre l'Agglo et la mairie d'Agen constitue un atout. « Ce n'est pas un obstacle, cela doit nous motiver à travailler ensemble. La mutualisation a été et reste très bénéfique, notamment pour les agents. Je comprends les inquiétudes de Laurent Bruneau sur le pilotage de ces agents, mais je lui assure qu'il n'y aura pas de problème. Cela s'appelle un lien fonctionnel, c'est cadré et cela existe ailleurs », conclut-il, en affirmant sa volonté de « tout faire pour que cela fonctionne, y compris avec la Ville d'Agen » s'il est élu.