Une première séance budgétaire sous le signe des difficultés financières
La deuxième séance du Conseil municipal de Mont-de-Marsan depuis les élections du 8 avril a marqué un tournant significatif avec le premier débat d'orientations budgétaires de l'ère Dutin. Bien que partiellement éclipsée par des délibérations administratives concernant l'installation des commissions et la désignation des délégués, cette réunion a permis d'aborder frontalement les enjeux financiers cruciaux qui attendent la nouvelle municipalité.
Un constat financier alarmant présenté avec transparence
Paul Gerbaud, premier adjoint chargé des finances, a présenté un document de plusieurs dizaines de pages détaillant la situation économique de la collectivité. Le constat est sans appel : la « fragilité de la situation financière » apparaît évidente, notamment à travers l'indicateur de l'épargne nette qui connaît une chute préoccupante d'une année sur l'autre. Parmi les éléments notables figure l'envolée de la subvention d'équilibre des fêtes, passée de 600 000 à 760 000 euros, illustrant les tensions budgétaires croissantes.
Face à ce bilan préoccupant, la nouvelle majorité municipale affiche une approche prudente, souhaitant prendre « le temps d'appréhender l'ensemble de la situation » avant d'engager des décisions structurantes. Le maire Frédéric Dutin a confirmé sa promesse de campagne de diligenter un audit financier complet une fois le budget voté, soulignant ainsi la nécessité d'une analyse approfondie avant toute action significative.
Le musée et la question fiscale au centre des tensions politiques
L'opposition, représentée par Mathieu Ara, a salué la tenue d'un « vrai débat d'orientations budgétaires », contrastant avec les pratiques de l'année précédente où l'accès aux tableaux financiers avait été limité. Sans exprimer de « grande surprise » face à la situation budgétaire délicate, il a néanmoins pointé du doigt le projet controversé de rénovation du musée, lançant un avertissement clair : « C'est stop ou alors il faut augmenter les impôts ».
Hicham Lamsika, représentant l'ancienne majorité, s'est interrogé sur la possibilité d'augmentations fiscales futures, suscitant une réponse cinglante du maire Dutin qui a rétorqué : « [Ce projet de rénovation du musée], vous l'avez fait sans prévenir personne ». Le premier magistrat a martelé que « l'impôt c'est le dernier levier », indiquant ainsi sa réticence à recourir à des hausses de taxes pour financer des projets hérités de la précédente équipe.
Des inquiétudes partagées et des perspectives incertaines
Pour le Rassemblement National, Nicolas Lerègle s'est réjoui d'une « présentation claire » tout en exprimant des réserves sur l'absence du « mot économie » dans les discussions. Alain Baché, membre de la nouvelle majorité, a quant à lui sensibilisé ses collègues sur « la gravité du moment », déclarant : « Ce que nous craignions est devenu une réalité. Les feux ne sont pas au vert pour Mont-de-Marsan. On nous a caché plein de choses ».
Frédéric Dutin a profité de cette tribune pour réaffirmer son engagement en faveur de « la transparence qui fera foi sur les documents transmis au Conseil ». Il a également révélé que la Cour régionale des comptes devrait publier prochainement un rapport sur la situation financière de la ville, promettant de le rendre public « dès que nous aurons connaissance de ce rapport ».
Des décisions difficiles à venir sur plusieurs fronts
Concernant le projet de musée, le maire a déploré « encore une fois les décisions prises par l'ancien maire », mettant en garde contre les risques : « Si nous avançons sur des sables mouvants, il va falloir que nous le sachions ». Sur la question de la Régie des fêtes, il a évoqué sans détour « un modèle pas satisfaisant » et exprimé sa volonté de trouver « des pistes de réflexion pour améliorer la situation ».
Les élus se retrouveront le 22 avril prochain pour le vote définitif du budget, une échéance cruciale qui déterminera les orientations financières de la municipalité pour les mois à venir. Lors de cette même séance, il a été acté la rémunération des élus, avec une enveloppe mensuelle totale de 18 620,66 euros. Le maire percevra une indemnité de 2 343 euros, en baisse par rapport à ses prédécesseurs, tandis que les adjoints toucheront 1 354,42 euros chacun.
Cette modération salariale a été saluée par Nicolas Lerègle du RN qui a déclaré : « Le mot économie n'était pas un gros mot et je vous remercie de cette démarche », soulignant ainsi que les efforts de rigueur budgétaire commencent dès les indemnités des élus eux-mêmes.



