Ewan Corinaldesi, 20 ans, plus jeune maire des Alpes-Maritimes, dévoile sa vision pour Roquefort-les-Pins
Devenu, le 22 mars dernier, le plus jeune maire du département des Alpes-Maritimes, Ewan Corinaldesi, âgé de seulement 20 ans, a mis fin au règne de 43 ans de Michel Rossi à la tête de Roquefort-les-Pins. Élu avec 39 voix d'avance au second tour, il préside désormais aux destinées de cette commune de 7 500 habitants. Invité au studio de Nice-Matin pour L'Interview à la Une, il s'est confié sur ses premiers pas, ses priorités et les défis à venir.
Des débuts intenses et un budget prioritaire
Pour résumer ses premiers jours en tant que maire, Ewan Corinaldesi utilise le mot « intense ». Étudiant en droit à un rythme réduit, il se consacre à 100 % à sa mission. Il a débuté par un petit-déjeuner avec les agents municipaux et des rencontres service par service pour créer du lien. « Je ressens l'enthousiasme et l'attente des habitants », confie-t-il.
Une priorité immédiate : le budget, qui doit être voté fin avril. « En six ans, notre capacité d'autofinancement a été divisée par dix », alerte-t-il. Pour y remédier, il a déjà identifié 600 000 euros d'économies sur un budget de 10,5 millions d'euros, notamment en coupant 32 lignes de téléphone inutilisées. Ces sommes seront réallouées aux associations, dont l'enveloppe sera augmentée.
Une vision inclusive et des tensions post-électorales
Ewan Corinaldesi prône une approche inclusive : « Je considère qu'il n'y a pas de majorité, ni d'opposition, mais des conseillers qui œuvrent pour Roquefort. Une idée, si elle est bonne, peu importe d'où elle vient ». Son premier budget inclura plus d'aides aux associations, une politique événementielle renforcée et le recrutement d'un agent supplémentaire pour le CCAS.
La campagne a laissé des traces. Michel Rossi a déposé un recours pour irrégularités, mais Ewan Corinaldesi le juge « pas très sérieux ». Il regrette l'absence de l'ancien maire lors de la passation de pouvoir, mais assure : « Ma porte est ouverte. J'ai toujours à apprendre d'un élu d'expérience ». Il condamne fermement les incidents post-électoraux, comme la couche reçue par Rossi, et a porté plainte.
Logement et revitalisation : des défis clés
Le logement a été un thème central de la campagne. Contrairement à son prédécesseur qui voulait construire à un rythme soutenu, Ewan Corinaldesi mise sur des alternatives : « Avec l'intermédiation locative, la rénovation et le recensement des 113 logements vacants, on peut créer du logement sans construire massivement ». Il a sollicité une exemption SRU auprès de la préfecture pour préserver le cadre de vie.
Pour lutter contre l'image de village dortoir, il veut dynamiser la commune : « On veut être une mairie partenaire des initiatives ». Il prévoit des événements comme une fête le 16 mai associant commerçants et associations, et souhaite étendre la fête patronale sur deux jours. La mobilité est aussi cruciale : « Si vous n'êtes pas bien reliés en transports, vous n'êtes pas attractifs ». Il compte sur la Communauté d'agglomération Sophia Antipolis, qu'il qualifie d'« une des meilleures intercommunalités de France », pour améliorer les transports.
Un mandat tourné vers l'avenir
Ewan Corinaldesi incarne une nouvelle génération d'élus, mêlant pragmatisme budgétaire et volonté de dialogue. « Aujourd'hui, il fallait prendre une autre voie pour que Roquefort reste Roquefort », affirme-t-il. Avec des projets concrets et une approche collaborative, il entend redonner envie de vivre et de sortir à Roquefort-les-Pins, tout en préservant son identité et son environnement.



