Éric Ciotti promet la fin des chantiers post-tempête Alex dans la Vésubie d'ici 2030
Ciotti: fin des chantiers post-Alex dans la Vésubie d'ici 2030

Le retour en terre natale d'Éric Ciotti pour accélérer la reconstruction

Ce lundi 20 avril 2026, Éric Ciotti effectuait sa première visite officielle dans la vallée de la Vésubie depuis son élection à la mairie de Nice et à la présidence de la Métropole Nice Côte d'Azur. Un retour aux sources pour l'enfant du pays, mais également une plongée dans un terrain politique miné, cinq ans et demi après les ravages de la tempête Alex.

Des chantiers toujours nombreux et des promesses à tenir

Les chantiers de reconstruction se comptent encore à la pelle dans la vallée. Parmi les plus importants et onéreux figurent la reconstruction des ponts de Venanson et de Maïssa, ainsi que des routes d'accès au sanctuaire de la Madone de Fenestre et à Lantosque. Ces travaux ont été retardés ou suspendus, principalement à cause de la tempête Aline en 2023 et des enquêtes judiciaires pour détournement de fonds et escroquerie impliquant des entreprises locales et la Métropole.

« Nous allons donner un coup d'accélérateur », a déclaré Éric Ciotti, annonçant une rallonge de 5 millions d'euros dès le vote du budget métropolitain prévu le vendredi suivant. « D'ici les prochains mois, nous verrons comment nous irons plus loin », a-t-il ajouté, alors que près de 40 millions d'euros devaient déjà être investis cette année.

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Un calendrier revu et des critiques envers l'ancienne gestion

Interrogé par les habitants de Saint-Martin-Vésubie sur les délais, le président a promis que tout serait terminé d'ici 2030. Une échéance plus lointaine que celle qu'il avait évoquée lors de sa campagne face à Christian Estrosi, où il parlait de deux ans. « La situation s'est avérée plus complexe que prévu. Beaucoup de choses ont été mal faites, trop vite, ou sans véritable légalité », a justifié celui qui dit avoir « hérité du bilan » de son prédécesseur.

Charles Ange Ginésy, président du Département présent sur place, a salué cette nouvelle dynamique : « Ça faisait longtemps qu'on ne m'avait pas invité sur un chantier. Nous allons enfin pouvoir travailler ensemble. C'est un alignement des planètes. »

Les ponts de Venanson et Maïssa : des délais maintenus pour 2027

Malgré les annonces, le calendrier pour les deux ponts stratégiques de Venanson et Maïssa reste inchangé. Les travaux doivent débuter en mai pour s'achever en octobre 2027, « hors aléa ». Ces ouvrages à treillis métalliques, similaires à ceux reconstruits dans la vallée voisine de la Roya, remplaceront les ponts provisoires actuels. D'un coût de 19 millions d'euros, ils nécessiteront également le confortement des berges.

Les riverains, comme cet habitant lassé, expriment leur inquiétude : « Qu'ils fassent le nécessaire. J'ai peur d'être à nouveau isolé à chaque gros orage. » La question d'un pont carrossable pour relier le quartier Deloutre au village reste également en suspens, Éric Ciotti devant encore arbitrer entre plusieurs options, la solution pont étant la plus coûteuse (estimée à 7 millions d'euros en 2024).

La Madone de Fenestre et Lantosque : deux dossiers en attente

La réouverture de l'accès au sanctuaire de la Madone de Fenestre est reportée. Malgré 115 millions d'euros débloqués et une vingtaine d'entreprises mobilisées, les dégâts causés par la tempête Aline ont balayé les travaux en cours. Une nouvelle enquête judiciaire a été ouverte, et la Métropole a demandé la reprise des travaux au tribunal judiciaire de Marseille. En attendant, Éric Ciotti espère mettre en place des convois pour les ayants droit (éleveurs, guides, habitants).

En revanche, une annonce positive concerne Lantosque. La route de contournement du village, en ruine depuis six ans, sera reconstruite et confortée d'ici octobre 2027 pour un montant de 3 millions d'euros. Le maire Jean Thaon s'en félicite : « On était les grands oubliés. Cette route va enfin permettre aux poids lourds de passer ailleurs qu'en plein milieu du village. »

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Règlements de comptes politiques et héritage compliqué

La visite a également été l'occasion pour Éric Ciotti de régler quelques comptes. Sans nommer personne directement, il a critiqué « des gens qui ont regardé, y compris à Saint-Martin, leurs intérêts particuliers plutôt que de servir l'intérêt général », visant peut-être l'ancien maire Ivan Mottet absent. Il a aussi taclé « ces présidents des régies dont j'aurais préféré qu'ils remettent leur augmentation d'indemnités aux services de la Métropole ».

Un agent métropolitain présent a tempéré : « Le max qu'on pouvait faire, on l'a fait. On a engagé une enveloppe de 230 millions d'euros. Les endiguements sont quasiment tous finis, l'assainissement aussi. » Mais Éric Ciotti a rétorqué en comparant avec la vallée de la Roya où « en trois ans, tous les ponts ont été terminés », une comparaison que Charles Ange Ginésy a jugée peu raisonnable, tout en reconnaissant : « Six ans après, la page n'est pas tournée. Ça n'est quand même pas normal. »