Charente-Maritime : le département accélère la vente de son patrimoine non stratégique
Le Conseil départemental de Charente-Maritime a pris, jeudi 2 avril, une décision importante concernant la gestion de son patrimoine immobilier. L'institution a décidé d'accélérer la cession d'une partie de ses biens, notamment ceux qui ne génèrent que peu ou pas de recettes, ainsi que ceux nécessitant d'importants travaux de rénovation et qui ne sont pas directement liés à ses compétences institutionnelles obligatoires.
Un plan ambitieux pour les dix prochaines années
Au cours des deux dernières décennies, le département a déjà réalisé des ventes pour un montant total de 20 millions d'euros, incluant des bâtiments, des terrains et diverses propriétés. Cependant, l'objectif pour la période 2026-2036 est bien plus ambitieux : il s'agit de générer 58,6 millions d'euros de recettes, voire davantage puisque certains biens n'ont pas encore été évalués. Cela représente près du triple des ventes précédentes.
Cette stratégie vise notamment à compenser l'augmentation des dépenses, en particulier dans le domaine social, et à optimiser la gestion des finances publiques départementales.
Les principaux biens concernés par cette vente
Parmi les actifs les plus significatifs figurent les 16 000 mètres carrés de l'école privée d'ingénieurs Eigsi, située dans le quartier des Minimes à La Rochelle, dont la valeur est estimée à 13 millions d'euros. Toutefois, la transaction la plus importante pourrait provenir du site des Quatre Chevaliers à Périgny, avec ses 6 hectares de planchers.
En 2018, le département avait trouvé un acquéreur pour 22,2 millions d'euros, mais le processus a échoué, donnant lieu à un contentieux judiciaire qui est remonté jusqu'à la Cour de cassation et n'est toujours pas résolu. En attendant une issue définitive, le Conseil départemental reste propriétaire de cet espace, dont le parking est aujourd'hui largement occupé par des gens du voyage.
Une liste étendue de propriétés à vendre
D'autres biens sont également concernés par cette vente programmée sur les dix prochaines années :
- La caserne Amelot à La Rochelle, avec une recette attendue de 1,8 million d'euros, qui abrite actuellement le Centre communal d'action sociale de La Rochelle.
- Le bâtiment de stockage de la Banque alimentaire à Périgny.
- Un centre sportif à Boyardville, estimé à 1,8 million d'euros.
- Les 66 hectares du Domaine de la Mâche, à Saint-Laurent-de-la-Prée.
- Des maisons d'habitation et des maisons éclusières à Trizay et Périgny.
- Du foncier dans le secteur du Belvédère, près du pont de Ré.
- Une cabane ostréicole à Marennes.
- Le centre de soins de suite du château de Marlonges, à Chambon, évalué à 2 millions d'euros et occupé par le Groupe hospitalier La Rochelle-Ré-Aunis.
- Le site du fort de la Rade, sur l'île d'Aix, actuellement exploité par le groupe Pierre et Vacances contre un loyer annuel de 170 000 euros.
Des ajustements nécessaires face à la réalité du marché
La mise en vente de certains biens a révélé des écarts significatifs entre les estimations initiales et la réalité du marché local. Par exemple, pour le fort de la Rade, les 1,5 million d'euros attendus ont suscité des interrogations de la part de Brigitte Desvaux, élue du canton de La Rochelle 2 et membre du groupe d'opposition de gauche Au cœur des solidarités. Elle a notamment questionné la différence entre l'estimation initiale de 2,6 millions d'euros et le prix de vente fixé à 1,5 million.
Sylvie Marcilly, la présidente Horizons du Conseil départemental, a expliqué que cette réduction s'expliquait par les importants travaux que l'acquéreur, Pierre et Vacances, devra réaliser, ce que l'estimation officielle de France Domaine ne prenait pas en compte. « Il y a une inadéquation entre l'estimation et la réalité du marché local. Au prix des Domaines, on n'a pas trouvé preneur… », a-t-elle souligné.
Une situation similaire concerne les restaurants La Plage et L'Embarcadère de Rivedoux-Plage, actuellement loués à des exploitants privés. Initialement estimés respectivement à 1,2 million d'euros et 610 000 euros, les prix de vente ont été revus à la baisse, à 700 000 euros et 500 000 euros, reflétant ainsi les ajustements nécessaires pour répondre aux conditions du marché immobilier local.



