Landes : le budget départemental 2026 en hausse de 6% grâce aux droits de mutation
Budget des Landes 2026 : +6% grâce aux droits de mutation

Le budget 2026 des Landes affiche une croissance de 6% après une année de baisse

Après une légère diminution en 2025, le budget primitif du Département des Landes connaît une nette reprise cette année, avec une augmentation significative portée principalement par les droits de mutation. Contrairement à certaines situations financières critiques observées dans d'autres départements comme la Gironde ou la Charente, le Conseil départemental landais maintient une santé financière stable, bien que sous surveillance.

Un budget adopté malgré l'opposition

Ce vendredi 20 février, le Conseil départemental des Landes a approuvé son budget pour l'année 2026, totalisant 602 millions d'euros. Cette enveloppe inclut un million supplémentaire alloué à un fonds d'urgence pour soutenir les collectivités et exploitations agricoles touchées par la tempête Nils. L'augmentation de 34 millions par rapport à l'année précédente représente une progression de 6%, marquant un rebond après la baisse de 2% enregistrée en 2025.

Le vote s'est déroulé sans le soutien des quatre membres du groupe d'opposition Couleurs Landes, qui ont exprimé leur désaccord en votant contre l'adoption du budget.

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Les facteurs de la hausse budgétaire

Cette croissance s'explique par deux éléments principaux. D'une part, les dépenses consacrées à la solidarité humaine atteignent 283,7 millions d'euros, soit une augmentation de 7,5%. Cette hausse est principalement due au vieillissement de la population et à l'augmentation du nombre de bénéficiaires du Revenu de Solidarité Active (RSA).

D'autre part, les recettes connaissent une progression notable grâce aux droits de mutation (DNTO, communément appelés frais de notaire), qui s'élèvent à 118 millions d'euros pour 2026, contre 98 millions initialement prévus en 2025. Ces droits représentent environ 23% des recettes de fonctionnement du département.

« On ne veut rien sacrifier des priorités et des politiques publiques du Département, tout en continuant à être au plus près des préoccupations des habitants », a déclaré le président Xavier Fortinon.

Une situation financière sous contrôle

La situation financière relativement saine du Département lui permet de poursuivre ses investissements, qui s'élèvent à 117 millions d'euros cette année, contre 110 millions en 2025. Les budgets de fonctionnement sont maintenus à 485 millions d'euros, sans réduction significative.

Le recours à l'emprunt est quant à lui fixé à 45 millions d'euros, en baisse par rapport aux 50 millions de l'année précédente. Au 31 décembre 2025, l'encours de la dette s'établit à 132,4 millions d'euros, soit 301 euros par habitant. Ce chiffre reste bien inférieur à la moyenne régionale, qui atteint 564 euros par habitant.

La solidarité humaine, poste budgétaire majeur

Sans surprise, le budget alloué à la solidarité humaine constitue le poste le plus important pour le Département. Les allocations individuelles de solidarité totalisent 113 millions d'euros, en hausse de 6,7%. Cette enveloppe comprend 40,8 millions pour l'Allocation pour l'Autonomie (APA, +3,7%), 57 millions pour le RSA (+6,8%) et 15,2 millions pour la Prestation de Compensation du Handicap (PCH, +15,2%).

Les autres interventions sociales, qui représentent 170,8 millions d'euros (+7,9%), concernent le soutien aux familles, la protection de l'enfance, l'action sociale de proximité, ainsi que les actions en faveur des personnes âgées, handicapées, et de l'insertion professionnelle.

« Il va falloir que l'État trouve des solutions face au mur du grand âge qui nous arrive droit devant », a estimé Xavier Fortinon, soulignant les défis démographiques à venir.

À noter que le budget de la protection de l'enfance a connu une augmentation spectaculaire de 47% sur les cinq dernières années, principalement due à l'explosion du nombre d'enfants placés.

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Investissements dans les collèges et les infrastructures

Le Département consacre 23 millions d'euros aux collèges en 2026, dont 19,1 millions dédiés aux travaux, contre 12,2 millions en 2025. Parmi les projets phares figurent la restructuration et l'extension du collège François-Truffaut à Saint-Martin-de-Seignanx, dont la livraison est prévue pour 2027, ainsi que le lancement de la maîtrise d'œuvre pour la reconstruction du collège Jean-Claude-Sescousse à Saint-Vincent-de-Tyrosse.

D'autres équipements publics bénéficient également d'investissements, notamment le « campus autisme » dont l'ouverture est programmée d'ici 2029 à Mont-de-Marsan, ainsi que des travaux d'entretien du réseau routier départemental (4 289 kilomètres) et des pistes cyclables (734 kilomètres).

Déploiement de la fibre optique et budget culturel

En prévision de la fin du réseau cuivre à partir de 2027, le Département alloue 1 million d'euros pour raccorder les foyers dits « complexes » qui n'ont pas encore accès au très haut débit. Par ailleurs, le budget consacré au Service Départemental d'Incendie et de Secours (SDIS) augmente de 3,9%, atteignant 26,6 millions d'euros.

Le budget culturel est maintenu à 5,6 millions d'euros, bien que des désaccords subsistent concernant la répartition des fonds. L'opposition a critiqué l'augmentation de 3% du budget du festival Arte Flamenco, estimant que cela se faisait « au détriment des autres spectacles et animations en milieu rural ». La majorité a justifié cette hausse par le développement du festival sur l'ensemble du territoire, notamment à Soustons et Mimizan.

Une dépendance aux dotations de l'État

Julien Dubois, leader du groupe d'opposition, a justifié son vote contre le budget en soulignant la dépendance du Département aux droits de mutation : « On est DNTO-dépendants ». Xavier Fortinon a reconnu cette vulnérabilité, rappelant que les deux tiers des ressources départementales dépendent de décisions nationales.

« À tout moment, l'État peut éteindre la lumière des Départements. Et il est anachronique d'espérer sur la spéculation immobilière pour financer notre politique sociale. Il faut que l'on trouve un nouveau levier fiscal », a-t-il insisté.

Soutien à l'agriculture et aux filières en difficulté

Le Département consacre 7,2 millions d'euros à l'agriculture, notamment pour soutenir la transition agroécologique. Des projets comme les espaces test agricoles (Etal 40) à Magescq et Mimizan visent à développer des systèmes d'approvisionnement local pour la restauration collective.

Un fonds d'urgence sanitaire et climatique de 1,5 million d'euros est également reconduit pour aider les exploitations touchées par les aléas climatiques et les crises sanitaires. Enfin, 400 000 euros sont alloués à la filière kiwi, fortement affectée par le dépérissement de ses vergers, pour financer la replantation avec des porte-greffes résistants.