Un budget municipal présenté dans un climat de tensions politiques
La présentation des orientations budgétaires pour l'exercice 2026 au conseil municipal de Périgueux, jeudi 16 avril, a été le théâtre d'échanges particulièrement animés entre la nouvelle équipe municipale et l'ancienne majorité. Le maire Michel Cadet et son adjoint aux finances Laurent Mossion n'ont pas mâché leurs mots pour critiquer l'héritage financier laissé par leurs prédécesseurs, qualifiant ce dernier de "lourd à porter" pour la collectivité.
Un héritage financier contesté
Dès l'introduction du débat budgétaire, la nouvelle majorité a pointé du doigt les choix opérés durant la précédente mandature. Selon Laurent Mossion, ces décisions ont conduit à un "recours trop important à l'emprunt" pour financer des chantiers jugés excessivement ambitieux. Cette situation contraint aujourd'hui les marges de manœuvre de la municipalité, qui présente un projet budgétaire aux ambitions volontairement modestes, qualifié de "budget de transition".
Le contexte macro-économique national, marqué par la volonté de l'État de réduire le déficit public, vient encore compliquer la tâche des élus locaux. Malgré ces contraintes, la municipalité affirme sa détermination à ne pas alourdir la charge fiscale des contribuables, avec un gel des taux d'imposition prévu pour 2026.
Les chiffres clés du budget 2026
Le budget présenté s'articule autour de plusieurs données financières significatives :
- Recettes de fonctionnement estimées à 48,9 millions d'euros, en progression de 1,7% par rapport à 2025
- Dépenses de fonctionnement en hausse à 44,97 millions d'euros (+1,9%), principalement portées par la masse salariale (27,65 millions) et les coûts énergétiques
- Enveloppe d'investissement de 8,47 millions d'euros concentrée sur la rénovation thermique, l'entretien du patrimoine et la sécurité
- Dette municipale s'élevant à 42,27 millions d'euros, une situation qualifiée de "saine" par les services financiers
Priorités sociales et projets d'investissement
Malgré le contexte contraint, l'équipe municipale entend maintenir plusieurs priorités sociales :
- Mise en place du repas à 1 euro pour les enfants de maternelle dès septembre (budget : 55 000 euros)
- Création d'un "Pass sport" pour les enfants de 3 à 10 ans (37 500 euros)
- Distribution de paniers de produits locaux aux femmes enceintes (50 000 euros)
- Maintien de l'enveloppe des subventions aux associations
Les projets d'investissement retenus incluent notamment :
- Réfection de la voirie (1,06 million d'euros)
- Aménagement végétalisé de la place Montaigne (250 000 euros)
- Couverture de terrains de padel (300 000 euros)
Un débat municipal particulièrement animé
L'ancien maire Émeric Lavitola, désormais dans l'opposition, n'a pas manqué de réagir vivement aux accusations portées contre son ancienne équipe. Interpellant la nouvelle majorité, il l'a invitée à "assumer [ses] responsabilités", fustigeant ce qu'il qualifie de "forme d'inaction, de paralysie" dans le budget présenté et dénonçant un "manque de vision politique sur le mandat qui s'ouvre".
Piqué au vif, Michel Cadet a répliqué en accusant l'ancienne équipe d'avoir gaspillé l'argent public dans des "frais de cocktails, réceptions" et "banquets pantagruéliques", affirmant qu'"il n'y a plus beaucoup d'argent dans les caisses". Ces échanges particulièrement vifs laissent présager des débats municipaux animés dans les mois à venir, alors que la nouvelle équipe devra concilier contraintes financières et ambitions sociales dans un contexte économique incertain.



