Le Bouscat présente son budget 2026 : stabilité fiscale et 10 millions pour l'investissement
Budget 2026 du Bouscat : pas d'augmentation des impôts, 10M€ d'investissement

Le Bouscat dévoile sa feuille de route budgétaire pour 2026

Mardi 14 avril, Rémi Simon, nouvellement propulsé adjoint aux finances de la Ville du Bouscat, a présenté en séance publique les orientations budgétaires pour l'année 2026. Cet élu, qui occupe également les fonctions de directeur général des services du Service départemental d'incendie et de secours de la Gironde, a exposé avec aisance les grandes lignes financières de la commune pour les prochaines années.

Un contexte financier contraint mais un héritage sain

L'adjoint aux finances a d'abord dressé un tableau des contraintes qui pèsent sur les finances communales. Parmi celles-ci figurent des recettes de fonctionnement qualifiées d'« atones », une érosion de la dotation globale de fonctionnement versée par l'État, avec une baisse de 162 000 euros cette année, ainsi que des partenaires locaux « fragilisés » comme le Conseil départemental, la Région et Bordeaux Métropole. S'ajoutent à cela le coût de l'emprunt en hausse.

Malgré ce contexte, Rémi Simon a souligné que la collectivité s'appuie sur un héritage financier « sain ». Il a cependant insisté sur la nécessité de ne pas laisser filer la dépense, affirmant que « un euro économisé en fonctionnement permet d'investir dans l'avenir ». La municipalité s'inscrit ainsi dans la continuité du mandat précédent, avec une volonté affirmée de maîtrise des dépenses de fonctionnement.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Stabilité fiscale et enveloppe d'investissement de 10 millions d'euros

Un des points marquants de cette présentation est la décision de ne pas activer le levier fiscal en 2026. Le taux de taxe foncière restera donc inchangé, répondant ainsi à une promesse de campagne. L'épargne nette, encore robuste, continuera d'alimenter les investissements.

L'enveloppe globale consacrée à l'investissement s'élèvera à 10 millions d'euros cette année. Plusieurs projets structurants sont prévus, notamment :

  • Le réaménagement du « parc totem » de l'Ermitage, incluant une refonte du réseau hydraulique et une amélioration de l'accessibilité pour les personnes à mobilité réduite.
  • La rénovation du groupe scolaire Lafon-Féline.
  • La requalification de l'ensemble sportif Jean-Jaurès.

La sécurité, axe prioritaire du mandat

Conformément au contrat de mandature, la sécurité et la protection des habitants constituent une priorité absolue. Le plan de vidéosurveillance va se poursuivre, avec un objectif de doublement à terme du nombre de caméras. Environ quarante dispositifs sont actuellement en service.

Un projet de centre communal de sécurité urbaine est en gestation. Ce site unique, qui devrait voir le jour d'ici fin 2026-2027, hébergera à la fois la police municipale et la police nationale. Le maire Gwenaël Lamarque, souhaitant faire du Bouscat « la ville la plus sûre de la métropole », s'est engagé à tripler les effectifs de la police municipale durant la mandature. Deux postes seront créés dès cette année.

Des réactions contrastées de l'opposition

Si la situation financière « apparaît maîtrisée » selon la majorité, l'élu d'opposition RN Ivan Gratte s'est dit « sceptique », voire « inquiet » quant à la faisabilité de tous ces investissements sans augmentation des impôts ni recours à l'emprunt. Il a estimé que le rapport d'orientations budgétaires « interroge plus qu'il ne rassure » et a promis de rester attentif à la qualité du service public.

De son côté, la conseillère municipale socialiste Claire Layan a mis en garde contre la propension à investir massivement sans disposer des moyens humains nécessaires pour optimiser le fonctionnement des équipements. Elle s'est également interrogée sur la « surenchère sécuritaire », questionnant notamment l'éventuelle utilisation future de caméras algorithmiques ou augmentées.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Ouverture sur les technologies de sécurité

Interpellé sur ce point, le maire Gwenaël Lamarque a répondu en évoquant l'évolution des indicateurs d'incivilités et d'insécurité dans la métropole depuis six ans. « Les élections de mars ont validé notre projet, dont le premier pilier est de protéger. Nous sommes dans un monde qui change beaucoup », a-t-il concédé.

Concernant l'utilisation de l'intelligence artificielle dans la vidéoprotection, il s'est montré ouvert : « Je n'ai aucun tabou là-dessus. Si cela permet de détecter des mouvements suspects, des accidents, tout en respectant les règles de la Cnil [Commission nationale de l'informatique et des libertés], j'y suis favorable. »

Le débat budgétaire s'annonce donc animé au conseil municipal, entre une majorité portant un projet ambitieux de stabilité fiscale et d'investissements ciblés, et une opposition vigilante sur la soutenabilité financière et les priorités d'action.