Gironde : un budget 2026 sous le signe de la rigueur après un déficit historique
Le Conseil départemental de la Gironde a adopté, en séance plénière ce lundi 13 avril 2026, son budget primitif pour l'année en cours. Ce document financier anticipe une stabilisation des recettes à 1,87 milliard d'euros, un recul de l'investissement et porte le poids d'un déficit historique révélé en 2025. La rigueur budgétaire est désormais la règle pour cette collectivité, qui doit appliquer un strict plan de retour à l'équilibre.
Un contexte financier difficile
À l'automne 2025, le Département de la Gironde avait défrayé la chronique en affichant un budget en déficit de près de 100 millions d'euros, une première dans son histoire. En réponse, la préfecture et la Chambre régionale des comptes ont imposé un plan de retour à l'équilibre (PRE) très rigoureux, dont la première année d'application débute en 2026. Ce plan comprend 95 mesures d'économies et de gestion, avec l'objectif de rétablir l'équilibre financier d'ici 2028.
Le budget 2026 reflète directement cette contrainte, avec des impacts prévus sur les finances locales pendant trois exercices. La majorité du président PS Jean-Luc Gleyze le qualifie de « très vertueux », affirmant qu'il va au-delà des préconisations du PRE. À l'inverse, l'opposition, menée par Jacques Breillat du groupe Gironde avenir (droite et centre), dénonce un budget « imposé » et pris « sous la contrainte », estimant que la collectivité se trouve dans une situation de « quasi-tutelle ».
Les chiffres clés du budget 2026
Les dépenses de fonctionnement sont prévues à 1,79 milliard d'euros, soit une baisse de 2,9 % par rapport à 2025. Les principaux postes budgétaires restent :
- Protection de l'enfance : 353,3 millions d'euros
- Insertion et développement social : 348,3 millions d'euros (dont 286 millions pour le RSA)
- Autonomie des personnes handicapées : 313,3 millions d'euros
Les recettes de fonctionnement, quant à elles, stagnent à 1,87 milliard d'euros. Le résultat d'exploitation attendu pour 2026 est un déficit de 107,7 millions d'euros, qui nécessite des explications. Dans le cadre du PRE, le Département intègre dans les comptes de 2026 le déficit de 2025 (76,9 millions d'euros, après des mesures d'économie) et 54 millions d'euros d'économies imposées par la Chambre des comptes. Initialement, le déficit final était estimé à environ 20 millions d'euros, mais une décision de certification des comptes a conduit à intégrer 86,3 millions d'euros de dépenses étalées sur 2025 et 2026, dégradant faciale les comptes.
Débats et perspectives
Un avenant au PRE doit être voté pour ajuster les objectifs, car les -20 millions d'euros prévus initialement ne seront pas tenus cette année. Jean-Luc Gleyze se montre confiant, déclarant : « Nous allons faire un exercice exemplaire en France ». Jacques Breillat, tout en reconnaissant la bonne trajectoire, adopte un ton plus critique : « Si on avait anticipé il y a trois ans, quand il y avait encore des marges de manœuvre, on ne serait pas obligé aujourd'hui de prendre des mesures parfois très brutales ». Il pointe notamment les conséquences pour les associations partenaires dans l'action sociale, confrontées à de sévères coupes budgétaires.
Ce budget 2026 marque ainsi un tournant pour la Gironde, avec des choix difficiles et un cadre strict qui façonneront les finances départementales pour les années à venir.



