Bordeaux : premier conseil municipal sous le signe de l'apaisement
Bordeaux : premier conseil municipal apaisé

Cinq jours après la démission de l’ancien maire écologiste, et à défaut de sujet qui soit matière à réelle empoigne, son ancienne équipe s’est attelée à une esquisse de bilan face à Thomas Cazenave. Le « premier conseil municipal à proprement parler », prévenait le maire de Bordeaux (Renaissance) Thomas Cazenave, à quelques minutes de la séance. Point de sujet majeur à l’ordre du jour, ce mardi 28 avril, un mois après l’installation de la nouvelle majorité : une nouvelle politique municipale ne se fait pas d’un claquement de doigts. A fortiori quand le maire rappelle l’audit financier « en cours », car « il y aura des choix à faire ».

« Laissez-nous nous installer », dira Thomas Cazenave. D’où ce round d’observation printanier, les différents groupes d’une opposition s’attelant surtout, dans un chapelet d’interventions dûment concertées, à défendre un bilan dont les élus disent redouter le détricotage. « Propreté, sécurité, à vous entendre, on pourrait croire que tout commence aujourd’hui, comme si rien n’avait été fait », débute Mathieu Hazouard (groupe socialiste), dans une allusion à l’opération de « sécurisation » menée la veille autour des Capucins.

Inventaire

« Non, tout ne commence pas aujourd’hui, vous avez raison », répond Thomas Cazenave, consensuel. À l’inauguration du musée des Arts décoratifs, « je crois avoir dit que je n’y étais pas pour grand-chose », met-il dans la balance, saluant au passage « le travail de Pierre Hurmic ». Et, « pour tout vous dire », le maire ne manquera pas d’inviter son prédécesseur aux inaugurations de projets engagés « dans sa mandature » et, le cas échéant, de lui laisser la parole – il l’a dit à l’intéressé lors de leur aparté au conseil de Bordeaux Métropole.

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L’inventaire n’est pas moins lancé. Le gel des taux de la taxe d’habitation et des impôts fonciers, « exactement ceux que nous avions fixés auparavant », relève Olivier Escots (PCF). Ou, au détour du rétablissement de l’éclairage public nocturne, le renouvellement en ampoules LED annoncé à un rythme soutenu (« de 700 à 2 000 points lumineux par an », dixit le maire) : « Nous avons accéléré sur le sujet et, là aussi, on partait de loin avec nos amis juppéistes », dit encore Olivier Escots.

« À votre disposition »

Les opposants écologistes Stéphane Pfeiffer et Olivier Cazaux défendent l’opération d’urbanisme promise au quartier des Capucins : « Nous avons présenté le plan de renouvellement urbain il y a six mois. Vous n’allez pas refaire ce qui a été fait, vous allez faire la suite », croit savoir le second. Dans les rangs de cette opposition orpheline de Pierre Hurmic, arrive Didier Jeanjean, adjoint en première ligne du mandat précédent sur la circulation auto et la pratique du vélo, volontiers corrosif face à Éric Ozoux, conseiller municipal délégué aux mobilités et au stationnement, « celui-là même qui, il y a quelques semaines, menait le bras de fer contre le réseau de vélo ReVE » rue Georges-Bonnac.

« Je suis engagé dans ce conseil municipal pour servir la population dans sa globalité et pas uniquement le vélo dont je suis un adepte », défend Éric Ozoux. A contrario d’une politique vélo qui ne se ferait « qu’à l’aune de la Métropole », s’inquiète plus loin Didier Jeanjean, Bordeaux doit être un « modèle qui infuse ». « Je me tiens à votre disposition pour partager notre expertise. » « Avec plaisir pour en discuter prochainement », tope Mayeul L’Huillier, adjoint au maire en charge de la voirie et des mobilités, dans un élan de concorde retrouvé.

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