Bénévolat et contraintes : le dialogue associations-Département en Lozère
Bénévolat et contraintes : le dialogue en Lozère

Vendredi 13 juin 2025, le conseil départemental de la Lozère a réuni plus d'une centaine d'associations pour faire remonter leurs problématiques auprès de la ministre déléguée à la Vie associative, Marie Barsacq. Organisée à l'initiative de Laurent Suau, président du conseil départemental, cette séance d'échange s'est tenue en présence de la sénatrice Guylène Pantel et de la maire de Mende, Régine Bourgade. L'objectif était clair : transmettre au ministère les besoins des associations pour obtenir des mesures concrètes.

Un appel à la reconnaissance du milieu associatif

En ouverture, Laurent Suau a souligné l'importance des associations pour le lien social : « Il faut qu’on les respecte, il faut qu’on les écoute, il faut qu’on soit à leurs côtés. Parce que sur le lien social, ils jouent un rôle éminent. S’il n’y a pas le milieu associatif, les gens se rencontrent moins. Si les gens se rencontrent moins, il y a plus de tensions, car on sait très bien que les échanges permettent souvent l’apaisement. »

Une participation massive et représentative

Impossible de faire entrer tous les représentants des quelque 5 000 associations lozériennes dans la salle des fêtes du Département. Seules celles bénéficiant de subventions de la collectivité étaient conviées, mais cela représentait tout de même plus d'une centaine de participants venus de tout le département. Le panel était représentatif de la richesse associative lozérienne : sport, culture, animation, social, médico-social, etc.

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Les discussions ont porté sur plusieurs axes prédéfinis : la reconnaissance et la valorisation de l'engagement, les avantages socioprofessionnels des bénévoles, la formation et la montée en compétences, le soutien des entreprises et le poids des contraintes administratives.

Débat sur les contreparties au bénévolat

Pendant deux heures, les représentants ont librement pris la parole. Le sujet des contreparties – financières ou non – à accorder aux bénévoles a suscité des échanges animés mais courtois. Laurent Suau a évoqué des pistes comme l'acquisition de points pour la retraite, des chèques-services ou des congés spécifiques, déjà pratiqués dans certaines entreprises pour l'humanitaire. Si certaines associations y ont vu un moyen d'inciter les jeunes à s'engager, d'autres ont exprimé leur désaccord : « Si pour motiver les gens il faut donner des contreparties, ce n’est plus du bénévolat », a regretté un participant.

Allègement administratif et simplification des subventions

D'autres propositions ont fait l'unanimité, comme l'octroi de subventions sur des contrats biennaux ou triennaux plutôt qu'annuels. Cette idée, applaudie par l'assemblée, a été retenue par Laurent Suau, qui a demandé à ses équipes d'étudier sa faisabilité. La création d'un guichet unique pour toutes les demandes de subventions, avec une répartition selon la taille et les besoins des associations, a également séduit une partie de l'auditoire.

Les difficultés administratives ont occupé une grande partie des échanges. « Si on veut que le travail bénévole soit reconnu, la première action serait de rendre moins complexes les démarches. Les réglementations sont parfois contradictoires et les bénévoles s’épuisent », a expliqué un représentant. Une organisatrice d'événements sportifs a déploré : « On n’a aucun lien avec les services qui prennent les décisions. On nous a demandé de modifier un parcours de trail à cause de deux zones de quiétude pour des oiseaux, et on a juste reçu un mail de la DDT. »

Un grand débat associatif

Par certains aspects, cette séance a rappelé le grand débat des Gilets jaunes. Reste à espérer que les demandes des associations ne connaissent pas le même sort que les 19 000 cahiers de doléances produits à l'époque.

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